17novembre2008
Posté par Paul dans la catégorie : au jour le jour....
suite de « Je quitte la marine à voiles (1 et 2) » – chronique anniversaire
Il y a un an, le 17 novembre 2007, paraissait la première chronique de ce blog, intitulée « je quitte la marine à voiles (1) » suivie, quelques jours plus tard par la deuxième partie du même texte. Je parlais alors de mon état de « jeune retraité » ayant abandonné le navire « école publique », absolument ravi de ma décision. Quelques phrases pour retracer les soubresauts d’une carrière longue d’une bonne trentaine d’années ; quelques mots pour dire comment on peut, à la fois, être satisfait d’avoir exercé un métier que l’on avait, au moins en partie, choisi, et être heureux d’abandonner un bateau parti à la dérive sur l’océan de la bêtise et du libéralisme associés… Je trouve intéressant de revenir, un an plus tard, sur cette ébauche de réflexion que j’avais entamée alors. Il est vrai que depuis, l’enseignement est en grande partie sorti de mon champ de préoccupations et je m’aperçois que si j’ai créé une catégorie de chroniques intitulée « école », j’y parle plus d’histoire, de revendications et d’orientations pédagogiques que d’expériences vécues ou de souvenirs en tout genre. Je crois qu’il y a un temps pour chaque chose et le temps pour ce genre de récits n’est point encore venu. Le besoin d’entreprendre est plus fort que celui d’analyser !
Je dois dire aussi que j’aborde cette deuxième année de fonctionnement du blog avec des idées beaucoup plus précises que celles que j’avais lors du commencement. L’un des principes que je veux mettre en application, c’est de ne pas succomber à la tentation de l’éphémère ou à la mode du « coup de gueule » sans lendemain dont nos medias sont si coutumiers. Certaines chroniques ont évoqué des problèmes ou ont ouvert des pistes : j’ai bien l’intention d’y revenir, de voir comment les choses ont évolué, de juger si les problèmes se sont atténués ou se sont aggravés… Ceci concerne bien sûr plutôt les chroniques d’actualité, politiques, écologiques ou autres, que les articles à vocation documentaire ou encyclopédique. A quoi cela sert-il, à un instant donné, de parler des Touaregs, des Indiens Mapuche ou du mouvement Navdanya de Vandana Shiva, si, quelques semaines plus tard, après quelques commentaires échangés, le sujet sombre dans l’oubli ? Attendez vous donc à ce que certains thèmes traités au cours de cette année soient repris, approfondis, réécrits, corrigés, remaniés ou simplement complétés par des infos plus récentes. Je vais le faire prochainement pour l’association « terre de liens », je le ferai à l’occasion pour d’autres chroniques.
Il y a un peu plus d’un an, donc, je posai mon baluchon sur la terre ferme. Coup de chance, comme nous avons à peu près le même parcours professionnel (et dans la même branche) ma coblogueuse, Pascaline, faisait de même. Un mois au Québec pour changer d’air et la nouvelle vie débutait. Nous avons eu enfin du temps pour mettre sur les rails une partie des projets que nous avions en tête. Une partie seulement car, pendant cette première année sabbatique, je n’ai pas eu la possibilité de redémarrer vraiment mon atelier bois, et il a fallu que j’attende ces dernières semaines pour me remettre à la musique. D’autres idées n’ont encore pas été exploitées : je ne m’inquiète donc pas pour l’avenir. Ce qui est certain c’est que la gestion et l’entretien de notre petit « domaine » mobilisent une bonne dose d’énergie. Un potager, un jardin floral, un mini verger et un parc arboré ne se débrouillent pas tout à fait tout seuls. Tous ces espaces verts autour de la maison demandent des heures de travail, beaucoup d’heures ! Comme de plus on a une forte envie de voyages et de rencontres, le mélange dans la marmite « espace-temps » est parfois un peu explosif. Je remarque aussi que par rapport à une activité salariée à horaire fixe où l’on court tout le temps et où l’on ne peut pas toujours faire les choses comme il faut, là, on a tendance à être un peu plus tranquilles au niveau du rythme et à être un peu plus perfectionnistes aussi. Lecture et écriture ont retrouvé une large place dans nos programmes journaliers : Pascaline a repris l’écriture de son premier roman (projet ambitieux puisqu’il s’agit d’une histoire sans doute en trois volumes) et moi j’assure, en gros, la rédaction d’une chronique tous les deux jours pour ce blog. Certains articles sont relativement vite rédigés ; d’autres demandent documentation, vérification, et plusieurs jets successifs pour arriver à un tout qui me convienne. Là aussi j’ai eu « plus grands yeux que grand ventre », comme dirait ma mémé, car j’ai parlé à plusieurs reprises d’un site internet qui reprendrait de façon plus étoffée certaines de mes chroniques et où je publierai aussi des textes plus longs. Le site attend, depuis des mois, sa touche finale… et je ne sais pas encore quand il aura suffisamment grâce à mes yeux pour que je le publie.
Quand on croise amis ou simples relations, il est amusant de se rendre compte que les échanges de nouvelles se déroulent toujours selon le même protocole. Avec les collègues enseignants en particulier, c’est frappant. Le préambule est toujours le même : « vous avez de la chance, vous êtes des petits veinards, bande de sales profiteurs, vous n’avez pas un peu honte ?… » Ces quelques récriminations sont presque toujours suivies par une vigoureuse approbation : « vous avez bien raison ; le boulot c’est n’importe quoi ; ils sont en train de casser l’école ; j’aurais bien aimé faire comme vous et me tirer de cette galère… » Un instit, militant dans le même syndicat que nous, précisait même l’autre jour : « on n’a même plus le temps de gueuler… A peine ont-ils annoncé une mesure négative qu’une autre enchaine par derrière… Vous ne pouvez pas réaliser à quel point ils sont passés à la vitesse supérieure… Le service public a du plomb dans l’aile… » Si, camarade, on a réalisé, et c’est pour ça qu’on a quitté la « marine à voile » pour la terre ferme. C’est pour ça qu’on a tiré un trait sur les quelques euro supplémentaires qu’on aurait pu grappiller en continuant quelques années de plus. Je me suis aperçu que l’expérience acquise au fil des années ne suffisait plus à compenser la fatigue croissante que j’éprouvais : des enfants exigeants, des parents fatigants et une hiérarchie peuplée de fonctionnaires serviles. Cet égoïsme a été salutaire car je n’ai plus la « pêche » suffisante pour mener tous ces combats et affronter cette muraille de Chine de la bêtise officielle. Chaque mois de travail supplémentaire aurait été chèrement payé en termes de santé. Maintenant, je suis sur la berge, temporairement à l’abri derrière mes arbres… J’observe quand même l’océan et, quand je vois un bateau couler, je pousse un bon coup de g… qui a au moins le mérite de me soulager.
Les jours défilent à une vitesse impressionnante et je sais bien que nous avons échangé ce moment de vie privilégié contre d’autres inconvénients… Mais ce que nous faisons pour le moment nous plaît et nous n’avons qu’un seul désir c’est d’en faire encore plus et que cela nous plaise encore plus aussi ! La vie est trop courte pour que l’on ne morde pas dedans à pleine dents et que l’on n’en savoure pas chaque minute intensément. Vive l’hédonisme !
15novembre2008
Posté par Paul dans la catégorie : ingrédients musicaux; l'alambic culturel.
Les frimas de l’automne déjà bien engagé nous ramènent vers les salles de concert et les soirées conviviales au coin d’une guitare ou d’un piano chaleureux. Il existe, sur la toile, un site bien conçu qui s’appelle « qui chante ce soir ? ». L’association, et surtout le gars courageux et dévoué qui s’en occupe, présente et met à jour, scrupuleusement, un calendrier complet de tous les spectacles de chant que vous pouvez aller écouter, à Paris, mais aussi dans toute la France, y compris dans nos villages du fin fond de nulle part. Ce n’est pas sur ce site là qu’il faut aller pour vous informer sur la dernière prestation de Carla Bruni ou de Francis Cabrel, mais, si vous vous intéressez à la vraie chanson, engagée ou non, mais en tout cas à celle qui ne passe sur les médias qu’une fois tous les cent jours, alors, sautez sur l’occasion : « qui chante ce soir » aura certainement quelque chose à vous proposer ! D’autant que la chanson à paroles en France se porte bien, très bien, très très bien même, du moins sur le plan de la création, plus que sur celui de la réussite financière. L’association qui anime ce site s’appelle Tranche de Scène et propose, en parallèle, différents DVD réalisés à partir de ces concerts, autour d’un artiste et des confrères et des consœurs qu’il apprécie : Anne Sylvestre, Serge Utgé Royo, Claude Semal… vous parlent d’autres chanteurs, plus ou moins connus, et c’est original comme formule.
Grâce au précieux calendrier évoqué ci-dessus, mais aussi au petit courrier de rappel de l’association iséroise « chansons buissonnières », nous avons assisté, samedi dernier, à un double concert de très bonne tenue : pas de première partie, de deuxième partie, mais un premier récital du chanteur suisse vaudois Michel Bühler, suivi d’un tour de chant complet d’un autre monument de la chanson « hors circuit », Christian Paccoud. C’est une soirée dont nous nous souviendrons longtemps, de par la qualité du spectacle proposé, mais aussi par la complémentarité du répertoire des deux chanteurs. Michel Bühler a une voix chaleureuse, agréable, je dirais même reposante, et s’accompagne à la guitare acoustique. Ses chansons alternent humour et poésie, coups de gueule et profonde tendresse. Elles sont souvent introduites par un court récit, une anecdote ou un préambule. Le courant passe très vite entre l’artiste et la salle et cela fait plaisir d’entendre le public applaudir à certaines déclarations engagées plutôt que de gober les âneries de la télé. Le contact avec les spectateurs est chaleureux, facile et rapide. Michel Bühler, dans ses chansons, parle de la vie des « simples gens », des problèmes économiques, de la vie difficile des immigrés, de la bêtise des politiciens… avec des textes simples mais chargés de poésie et d’émotion. La trame de son tour de chant repose sur son dernier disque « Passant », mais il interprète également bon nombre de succès anciens. Michel chante depuis de nombreuses années et il a à son actif une solide collection de CD et de DVD que vous pouvez vous procurer sur son site. L’une de ses dernières compositions, intitulée « démocratie », parle de l’élection de « qui vous savez » dans notre bel hexagone. France Musique avait invité Michel Bühler dans l’une de ses émissions sur la chanson engagée, mais l’animateur n’a pas voulu diffuser ce « brulot » de crainte de se faire rappeler à l’ordre par sa direction… Vous pouvez donner un petit coup d’œil aux paroles de cette chanson : c’est la cent quatre vingt douzième d’une liste qui en compte pas moins de cent quatre vingt quinze, parmi lesquelles une collection de petits bijoux !
Après la pause, les lumières s’éteignent et on entend une voix puissante qui s’élève du fond de la salle. Christian Paccoud rejoint la scène en chantant et en rythmant sa marche par de grands claquements sur ses cuisses. Il attrape son accordéon et commence à jouer. A lui seul, sans sono, sans micros, il emplit la salle de sa voix et du jeu puissant de son instrument. Les chansons se succèdent et le bonhomme virevolte sur la scène : en avant, en arrière, chuchotant, criant, enchaînant des airs de musette et des sonorités moins conventionnelles. La scène donne l’impression d’être un ring et l’on se demande si le boxeur va tenir jusqu’au bout de la nuit… Les textes sont parfois très surréalistes, les histoires saugrenues, mais la magie opère et l’on est pris dans le tourbillon : la vie est explorée dans ses moindres recoins et l’on parle de solitude, de tendresse, de colère et de voyages. J’avais écouté, il y a quelques années, les chansons figurant sur l’un de ses CD et je n’avais pas trop apprécié, je l’avoue. En le voyant en concert, mon impression a changé du tout au tout : Paccoud et la scène ne font qu’un et donnent l’impression d’être indissociables. Il a le physique qui va avec son tour de chant et, en voyant le bonhomme, on comprend mieux sa puissance vocale ! Bref, il faut voir Christian Paccoud avant de l’écouter. Son spectacle ne vous laissera pas indifférent !
D’autres spectacles s’annoncent pour Novembre et Décembre : Gérard Pierron et Bernard Meulien (textes de Gaston Couté, cf chronique sur le blog en juillet) à Grenoble par exemple d’ici une semaine, puis d’autres, connus, méconnus, nombreux en tout cas. Ne soyez pas jaloux, allez sur le site de « Tranches de scènes », il y a sûrement quelqu’un de très bien qui chante un de ces soirs, près de chez vous, dans une petite salle sympa. Allez-y à ces concerts et soutenez la chanson d’expression française, la vraie… Les autres, les stars, n’ont pas besoin de vos royalties pour vivre ! Quant à « Tranches de scènes », si vous trouvez l’initiative intéressante, personne ne vous interdit d’adhérer à l’association pour la soutenir (cf site).
13novembre2008
Posté par Paul dans la catégorie : Humeur du jour; Vive la Politique.
Al Qaïda ne fait plus recette en ce moment… Le bon peuple des lecteurs du Figaro et des spectateurs des émissions religieuses de 20 h a besoin que l’on renouvelle un peu les marionnettes qu’on agite chaque jour devant son nez pour l’effrayer un tant soit peu. Alors, on ressort les méchants nanars du coffre dans lequel on les avait remisés. Seulement voilà, les nanars genre bande à Bonnot ou marmite à clous dans le commissariat de la rue des bons enfants, ça fait un peu cliché, un peu rétro, pas très crédible. Il faut redynamiser la peur en créant un épouvantail avec un look un peu plus contemporain : le vocabulaire doit donc évoluer. Notre méchant nanar est donc rebaptisé « anarcho autonome ultra gauche ». Déjà le nanar normal il est pas fréquentable, mais alors là quand en plus il est « ultra » gauche c’est à dire qu’il a des idées légèrement plus avancées que celles de Ségolène Royal, les vieilles n’ont plus qu’à se cramponner à leur sac à mains ! De surcroit les derniers spécimens en date sont dits « autonomes ». Le cocktail est vraiment détonnant ; à part une « gauche autonome ultra anarcho écolo conseilliste », je ne vois pas ce qu’on pourrait faire de pire. Le seul truc drôle dans cette histoire c’est qu’ils ont même réussi à dénicher un ou deux « experts » de l’ultra gauche et moi, perso, j’adore les experts…
On n’est plus en sécurité nulle part… Les journalistes l’ont bien dit ! Le mouvement antinucléaire renaît de ses cendres alors qu’on le croyait disparu avec les derniers dinosaures ; il y a une mosquée au coin de la rue qui sert de refuge à d’étranges militants barbus ; les banquiers se tirent avec nos économies et pour finir voilà que les héritiers de Ravachol se mettent à démanteler le service public SNCF sur lequel notre gouvernement veille avec amour depuis des mois. En plus, ces nanars là sont des fourbes : au lieu de se déplacer dans la rue, une bombe dans la main gauche et un drapeau noir dans la main droite, ils se cachent lâchement dans des fermes sur le plateau de Millevaches, se dissimulent sous l’apparence d’honnêtes épiciers ou de parents d’élèves souriants et serviables. Pire même, leur chef occulte devient Président du comité des fêtes du village… Qui aurait cru, assènent à longueur de journée les dépêches de l’AFP, que des gens aussi aimables auraient une double vie ? Qui aurait cru que, la nuit, le sympathique bistroquet du village, au volant de sa 4L de combat, irait saboter les caténaires de notre TGV national, tout en étant assez malin et assez informé pour ne pas se transformer en sapin de Noël ? Méfiez vous ! Fermez vos volets chaque soir ! Le voisin, en bas de la rue, l’éleveur de chèvres… Qui vous dit que ce n’est pas un terroriste potentiel ? La petite mémé… Ce sont de vrais cheveux gris ou une perruque ?
Notre bonne et efficace Madame Alliot Marie (en abrégé, parait-il, on dit MAM… Pourquoi pas « maman » pendant qu’on y est ?) est placée devant un cruel dilemme, comme bien d’autres de ses prédécesseurs à ce poste essentiel de Mini-stress de l’Intérieur. Un vilain terroriste c’est toujours utile pour faire peur au bon peuple, mais ne pas réussir à l’arrêter, c’est faire preuve d’incompétence. D’où la nécessité d’une stratégie pleine de finesse, ce qui n’est peut être pas le cas dans l’affaire qui nous intéresse. Délicat en effet d’annoncer d’une part que les vilains saboteurs étaient surveillés depuis qu’on les avait repérés dans les manifs contre le CPE, contre le G8 ou le transport des déchets nucléaires par le train en Allemagne (des écologistes en plus !) et d’autre part qu’ils ont réussi leurs actions de sabotage, tranquillement, en plusieurs points du réseau, sans que personne n’intervienne pour les déranger. Curieux qu’en janvier 2008 une note des services de renseignement fasse état de l’inquiétude des pouvoirs publics face à la montée en puissance de la « mouvance autonome » et que, comme par hasard, ces méchants agitateurs préparent tranquillement leur action contre la SNCF alors que les projecteurs de la police sont braqués sur eux. Il faut reconnaître que l’enquête lancée par le Ministère de l’Intérieur a abouti, pour une fois, à des résultats vraiment très rapides : dix interpellations dans un délai record et, selon des journalistes toujours bien informés, on a même retrouvé des traces ADN appartenant aux personnes interpelées sur les lieux du crime (sans que personne ne s’interroge sur le fait que des analyses puissent être aussi rapides). Depuis, ces élucubrations ont été démenties (cf note de fin de chronique). Dans leur zèle policier, les journalistes sont allés plus loin que la justice elle-même…
Décidément, les épiciers du Limousin ne sont plus ce qu’ils étaient : ils sont capables de jouer avec des lignes électriques 25 000 volts avec autant de facilité que vous lorsque vous placez la guirlande sur votre sapin. Soit ils sont informés par E.T. ou par Robin des bois (ou les deux réunis), des heures pendant lesquelles la SNCF fait des coupures de courant sur le réseau pour la maintenance des lignes, soit ils possèdent un équipement très adapté à ce genre de travail et, soyez rassuré, ce genre de matériel ne se trouve pas à Cadorama ou chez Le Prince Merlin. On peut se demander, par ailleurs, quel intérêt idéologique cela présente de risquer sa vie pour provoquer l’interruption temporaire du trafic des TGV. Les nanars redoutables de la belle époque choisissaient quand même pour cible magistrats, policiers ou gouvernants ou leurs symboles, jamais le populo. La dernière fois que l’on a d’ailleurs accusé les anarchistes d’attentats sanglants contre la population civile c’était en Italie, à la gare de Milan et… c’était l’extrême droite et les services secrets qui trempaient dans ces actes ignobles. Pas très malins nos « ultras gauche » qui lavent plus noir que noir ! On peut difficilement gérer une épicerie-bistrot et calculer aussi mal ! Certes le « sabotage » fait partie des pratiques reconnues pour emm. les patrons. Ce n’est pas pour rien que le militant syndicaliste Emile Pouget avait écrit une brochure ainsi intitulée, il y a un siècle. Mais comme le font remarquer certains, le sabotage n’a de valeur que dans la mesure ou il s’appuie et prolonge l’action d’un mouvement social déterminé à un moment donné. Nous sommes loin du compte en ce qui concerne ce dossier et je ne vois pas trop ce qui motiverait les autonomes à faire courir des risques aux conducteurs de rame ou aux passagers !
Bref cette histoire est bien mal engagée et sent fort mauvais. Arrestations injustifiées, coupables manipulés, provocation à un moment où l’on veut faire avaler bon nombre de pilules amères aux cheminots ? Comme toujours, il est intéressant de se demander « à qui profite le crime… » En tout cas, ce qui m’inquiète, moi (mais je ne suis pas le seul), c’est la capacité qu’ont les médias aux ordres à faire avaler absolument n’importe quoi à la population de notre beau pays… Que l’on se souvienne de la montée en puissance de la pseudo affaire d’agression raciste antisémite dans un transport en commun ! Ce qui m’interpelle, moi, c’est la vitesse à laquelle la police intervient n’importe où, sur n’importe quel prétexte, et avec une arrogance qui fait froid dans le dos. Brigade de ci, législation anti terroriste de là, cagoules et pistolet au poing au petit matin dans les rues d’un paisible village… De là à ce que l’on défère les gens au tribunal pour un « casse-toi » par ci ou un « pauvre con » par là, il n’y a qu’un pas, déjà franchi… On veille, on surveille, on réprime… Dernier en date, le ministère de l’Education Nationale vient de lancer un audit pour la mise en place d’une « veille internet » : tout ce qui se dit sur la toile à propos de l’action du ministre et de ses services doit être inventorié, examiné, disséqué… afin de permettre une réaction appropriée en temps utile… De là à ce que la rédaction de ce blog devienne un acte délictueux, ça ne va pas tarder. « Propagande subliminale pour des idées malsaines dissimulées dans des textes anodins sur le liquidambar ou le Pounti auvergnat », « rédacteurs vivant en communauté » (puisqu’ils sont deux) se cachant sous un costume de paisibles retraités jardiniers : des pratiques typiques de la nouvelle « mouvance autonome ultra brite ». Heureusement, nous possédons quelques rouleaux de fil de cuivre, des clous, mais pas de poste de soudure… Une chose est sûre : l’envie de saboter quelque chose me démange, mais ça ne sera pas un train, ça me ferait trop de peine ; mon téléviseur c’est mieux et c’est moins risqué.
NDLR : pour clore cet article, un communiqué de presse récent, publié par l’agence Reuters (le 12/11), fait état des doutes de la justice et tempère quelque peu l’hystérie journalistique :
« Les policiers du renseignement intérieur et de la sous-direction antiterroriste ne disposent pas pour l’instant de preuves. »
« Il n’y a pas d’élément matériel qui permette de les rattacher directement aux actes de malveillance, dit-on de source policière. »
« Par coïncidence, les policiers de la sous-direction antiterroriste surveillaient depuis avril certains des suspects, ce qui leur a permis de voir certains d’entre eux s’approcher, dans la nuit de vendredi à samedi, d’une voie ferrée en Seine-et-Marne.
Les policiers n’ont cependant pas constaté de visu qu’ils avaient mis en place un dispositif de sabotage et n’ont rien remarqué d’anormal sur le coup. »
« La police ne dispose pas encore, par ailleurs, des résultats des comparaisons entre les empreintes digitales et génétiques des suspects et les traces relevées sur les mécanismes utilisés pour les sabotages… »
« La police n’a retrouvé ni horaires de train, ni carte détaillée du réseau SNCF, ni explosifs », a déclaré cette source policière, démentant des informations de presse.
« Aurait en revanche été découvert, selon plusieurs médias, un manuel décrivant la conduite à tenir en cas de garde à vue, mais ce type de document circule largement parmi les activistes habitués aux interpellations après des manifestations. »
Michèle Alliot-Marie avait pourtant déclaré à la sortie du conseil des ministres : « Les perquisitions ont permis de recueillir beaucoup de documents très intéressants ». Le prétexte du « terrorisme » permet en tout cas de garder les personnes arrêtés en détention « provisoire » jusqu’à six jours…
11novembre2008
Posté par Paul dans la catégorie : Histoire locale, nationale, internationale : pages de mémoire; Philosophes, trublions, agitateurs et agitatrices du bon vieux temps.
Titre curieux pour une chronique paraissant le jour où l’on « commémore » à grands coups de flonflons et de soldats inconnus, morts au champ d’honneur, l’armistice signée à la fin de la « grande boucherie » de 14-18. Eh bien ce titre est celui du tableau que je vous propose comme première illustration. La vision apaisante de cette scène idyllique compensera, je l’espère, les images de poilus en pantalons rouges déchiquetés par les mitrailleuses adverses, que nos médias ne manqueront pas de nous asséner. Elle vous permettra de supporter, je le souhaite également, les zallocutions zofficielles zincontournables sur le mérite de ces jeunes hommes, morts pour leur patrie, et morts surtout pour des motifs avec lesquels ils n’avaient pas grand chose à voir. Je pense en particulier aux profits réalisés, à l’occasion de ce conflit, par un certain nombre de grandes familles dont les noms prestigieux figureront, peu d’années après, au firmament de notre industrie (De Wendel, Péchiney et autres). Dans toute l’Europe, les couches populaires aspiraient au changement, les revendications fleurissaient, les syndicats grognaient, beaucoup pensaient qu’un monde meilleur était possible… Il était grand temps de calmer toutes ces ardeurs dangereuses. Rien de tel qu’un bon gros conflit généralisé pour mobiliser les esprits et les corps sur des idées plus saines. Beaucoup de ces jeunes gens fauchés par la mitraille, avaient dans la tête cette image d’un monde idyllique représenté par le peintre Paul Signac. Une autre raison pour expliquer mon choix : Paul Signac, lui-même, est né un 11 novembre, une cinquantaine d’années avant la première guerre mondiale, en 1863 très exactement. Il a commencé à peindre en 1882 à Montmartre et il n’arrêtera qu’à sa mort, en août 1935.
La biographie de ce peintre et l’histoire du « temps d’harmonie » sont intéressantes à connaître. Il a côtoyé les plus grands artistes de son époque et son style a profondément évolué du début de sa carrière – son œuvre est alors marquée par l’impressionnisme – jusqu’à ses dernières toiles, principalement des aquarelles. Signac est l’un des initiateurs avec son ami Seurat de l’école pointilliste. Qu’il utilise la peinture à l’huile, l’encre de Chine ou l’aquarelle, ses tableaux (surtout des paysages) dégagent un peu tous la même ambiance : calme, sérénité, harmonie… Si les biographes de Paul Signac s’attardent longuement à décrire sa carrière de peintre, ils s’étendent beaucoup moins (voire même font carrément silence), sur ses choix politiques. En 1880 il témoigne de son anticonformisme en adhérant à un groupuscule nommé « Les harengs saurs épileptiques baudelairiens et anti-philistin » (tout un programme !). Lecteur de Pierre Kropotkine, d’Elisée Reclus, ami de Jean Grave, il ne cache pas ses sympathies pour le mouvement anarchiste dans lequel il va largement s’impliquer. Nombreux sont les peintres qui, à la fin du XIXème siècle, ont fait les mêmes choix politiques que lui. L’amitié de Courbet pour Proudhon est de notoriété publique (on doit d’ailleurs à ce peintre un magnifique portrait du philosophe). Les liens entre Camille Pissaro et surtout Maurice de Vlaminck et la pensée libertaire sont beaucoup moins connus. C’est pourtant à Vlaminck que l’on doit cette affirmation péremptoire : « Ce que je n’aurais pu faire dans la société qu’en jetant une bombe -ce qui m’aurait conduit à l’échafaud- j’ai tenté de le réaliser dans la peinture, en employant de pures couleurs sortant de leur tube. J’ai satisfait ainsi à ma volonté de détruire, de désobéir, afin de recréer un monde sensible, vivant et libéré… »
L’œuvre de Signac, est, nous l’avons dit, beaucoup plus paisible, et c’est surtout la vision sereine d’un monde dans lequel les conflits seront apaisés, qu’il choisit de représenter sur son tableau « Au temps d’harmonie ». Il adhère alors à la conception exprimée par Elisée Reclus (géographe considéré comme précurseur de l’écologie politique) selon laquelle « l’anarchie c’est l’ordre » tel qu’il est présent dans la nature, ou à la théorie de Kropotkine qui veut démontrer que l’évolution des espèces s’est faite autant dans la coopération que dans la « lutte pour la survie ». On retrouve dans certains tableaux de Signac l’ambiance que crée Reclus lorsqu’il écrit son « histoire d’un ruisseau », une vision de la nature qu’exprime aussi l’anarchiste américain Warren, fondateur de la communauté « New Harmony » en 1842. D’ailleurs, au départ, le tableau figurant en exergue de cette chronique ne s’appelle pas « Au temps d’harmonie », mais « Au temps d’anarchie » ! Paul Signac réalise cette très grande toile (12 m2) en deux ans, de 1893 à 1895. Elle est destinée à orner les murs de la Maison du Peuple de Bruxelles (et figure maintenant à la mairie de Montreuil en région parisienne). Sa présentation dans un salon est refusée car le titre est jugé trop provocateur. Paul Signac remplace alors « anarchie » par « harmonie », sans que cela lui pose le moindre problème, puisque, pour lui, les deux mots sont quasiment des synonymes !
La toile représente l’idéal anarchiste de la « communauté libre ». Le bonheur n’est pas dans le passé ; le bonheur est dans l’utopie qui est là, toute proche, à la portée de nos désirs. La vie est libérée des contraintes artificielles que nous impose la société industrielle. Les plaisirs sont simples : la cueillette des fruits, la lecture, le jeu, la promenade, l’amour libre… On peut s’amuser à découvrir beaucoup de symboles sur ce tableau : manuels et intellectuels ne sont plus divisés et partagent le même univers ; la compétition est abolie et ne s’exprime plus que dans le jeu ; le temps de jouir de la vie prend le pas sur le temps de travail… Le choix des couleurs participe de cette vision de la plénitude. Beaucoup de communautés seront créées pendant cette période, basées sur ces principes idylliques. Vous conviendrez que l’on est assez loin des charniers auxquels nous conduiront les soubresauts du capitalisme en 1914… Cette période de 1914-1918 est d’ailleurs éprouvante pour Paul Signac. En désaccord total avec son ami Jean Grave qui rejoint le mouvement des intellectuels bellicistes (les divisions seront terribles d’ailleurs à ce sujet au sein de la famille socialiste) , il se range sans hésitation dans le camp des « pacifistes internationalistes » avec Romain Rolland, mais il est traumatisé par toutes ces querelles et arrête de peindre pendant pratiquement toute la durée de la guerre. Il reprend espoir en 1917 avec le déclenchement de la Révolution russe. Jusqu’à sa mort, des suites d’une maladie douloureuse, il ne renonce pas à ses engagements militants, puisqu’on le retrouve mobilisé, au début des années trente, dans un « comité de vigilance des intellectuels antifascistes ». A travers tous ces faits, toutes ces opinions exprimées, on s’aperçoit qu’il est quelque peu réducteur de résumer la vie de Paul Signac à la fondation du néo-impressionnisme ou à son amour pour la navigation !
La guerre de 1914-1918 va porter un rude coup à tous ces rêves d’harmonie et à cet idéal de société libérée de toute contrainte. L’espoir suscité par la révolution bolchevique ne sera que de courte durée… Les années d’après-guerre vont être marquées par la montée en puissance de l’idéologie communiste à la sauce stalinienne, par l’ascension encore plus fulgurante des idées fascistes… Un futur bien sombre pour l’humanité. Mais ceci est une autre histoire !
NDLR : deux toiles et une photo de Paul Signac illustrent cet article. Le dernier tableau est un portrait du peintre, présenté sur son bateau, réalisé par son grand ami Théo van Rysselberghe (huile sur toile de 1897). Désolé pour le rendu des couleurs (surtout pour « au temps d’harmonie »). Rien ne vaut le fait d’admirer les œuvres originales !
9novembre2008
Posté par Paul dans la catégorie : Feuilles vertes; Notre nature à nous.
Une petite sélection de photos des merveilles qui s’étalent sous nos yeux depuis une quinzaine de jours. En cliquant une fois vous pouvez agrandir le cliché ; en cliquant deux fois vous aurez la taille maximale disponible. Les commentaires sont en dessous du « catalogue » et la numérotation des images fonctionne de gauche à droite et de haut en bas. Voilà, vous savez tout des détails techniques. Si l’une de ces photos vous fait envie comme fond d’écran pour votre ordinateur, contactez-nous et nous vous l’enverrons en plus haute résolution.
Les érables sont à la fête en automne. Il est donc normal qu’ils figurent sur plusieurs photos. Du jaune somptueux de l’érable plane (1) au rouge orangé flamboyant de l’acer palmatum (10), il existe toute une palette de couleurs. L’érable Ginnala (7) est l’un de ceux qui prennent les plus belles colorations. Le ptelea trifoliata (4) et le prunus (5) rivalisent de charme, mais ce dernier arbuste a moins de mérite car sa coloration reste constante tout au long de l’année. Jaune et rouge vif sur le même massif, côte à côte, avec l’arbre à perruques à feuilles pourpres et le gingko biloba qui brille au soleil (3). Le tulipier (6) et le zelkova (12) ont conservé bien sûr la forme originale de leurs feuilles, mais les teintes ont bien changé depuis le mois de juin ! Le pommetier (8) a perdu suffisamment de feuilles pour faire admirer ses petits fruits rouges qui resteront jusqu’aux fortes gelées. Quant au Paulownia (9) il est devenu chauve et ne montre plus, au bout de ses branches, que ses graines mures et les boutons de ses futures fleurs. Pour l’amélanchier (11), j’ai un peu triché : la photo date du début octobre ; à ce jour, sa parure magnifique s’étale sur le sol car elle n’a pas résisté longtemps aux rafales du vent d’automne. Les graminées, soucieuses de leur réputation, mais un peu jalouses aussi du regard que l’on porte vers le ciel, ont revêtu elles aussi une tenue nouvelle. Les touffes de Miscanthus (2) ont arboré des couleurs subtiles et se laisseront admirer largement jusqu’à Noël si le temps est clément.
La balade est terminée pour aujourd’hui. J’espère qu’elle vous a plu. Il a bien entendu fallu faire une sélection sévère et beaucoup de candidats ont été éliminés. Le liquidambar, par exemple, a suffisamment été exposé aux feux de la rampe sur ce blog, pour qu’il soit un peu laissé dans l’ombre. Son orgueil en souffre un peu, mais ses copains sont ravis. L’orme de Sibérie (zelkova) me disait l’autre jour qu’il en avait assez que l’on ne s’occupe que de « la star »… « Tu m’as placé au fond du parc, et seuls les visiteurs courageux prennent la peine d’admirer la découpe subtile de mes petites feuilles pointues. A quoi bon me donner tant de peine si ma robe n’intéresse que les passereaux ! » Le pauvre n’a pas tort : on compte par centaines les recherches documentaires ou iconographiques sur le liquidambar… Personne, non personne, n’est venu visiter ce blog en tapant « zelkova » sur un moteur de recherche. Peut-être, en définitive, est-ce un peu ma faute ! Je n’ai pas résisté à la « pression médiatique ». C’est promis, petit orme, cet hiver je réparerai mon omission.
7novembre2008
Posté par Paul dans la catégorie : Humeur du jour; Vive la Politique.
En avant-première, grâce à l’indiscrétion de l’un de ses contacts dans l’équipe de campagne du candidat démocrate, la « Feuille Charbinoise » vous propose les grandes lignes du discours que le futur Président Obama va tenir devant les représentants élus du peuple, le 20 janvier prochain.
« Mes sœurs, mes frères… Contrairement à la grande majorité de mes prédécesseurs, et à celle de mes collègues élus dans les autres états de la planète, j’ai l’intention, non seulement de tenir mes promesses électorales, mais même de les amplifier, de façon à modifier de façon radicale l’orientation actuelle de la politique intérieure et extérieure de notre grand pays, les Etats-Unis d’Amérique. Avec l’équipe que j’ai rassemblée autour de moi, nous voulons être les acteurs fondamentaux d’un changement profond qui marquera l’histoire de la planète pour des siècles et des siècles. J’espère que vous saurez soutenir mon combat d’une manière efficace. De façon concrète, j’ai l’intention d’appliquer dans mes choix politiques un certain nombre de principes nouveaux – je dirais même surprenants pour ceux qui ont étudié la politique étatsuniennes de ces dernières décennies – de façon à rechercher un nouvel équilibre dans le monde. Voici les dix commandements qui guideront mon action pour les années à venir :
1 – Premièrement, si nous voulons sauver la planète Terre et sauver la vie et l’humanité, nous sommes dans l’obligation de mettre un terme au système capitaliste. Les effets graves du changement climatique, des crises énergétiques, alimentaires et financières, ne sont pas le produit des êtres humains en général, mais du système capitaliste en vigueur, inhumain avec son développement industriel illimité.
2 – Deuxièmement : renoncer à la guerre, parce que les peuples ne gagnent rien avec les guerres, seuls les empires gagnent. Ne gagnent pas les nations mais les transnationales. Les guerres profitent à de petites familles et non aux peuples. Les milliards de milliards de millions destinés à la guerre doivent plutôt l’être pour réparer et soigner la Terre Mère qui est blessée par le changement climatique.
3 – Troisième proposition pour le débat : un monde sans impérialisme ni colonialisme, où les relations doivent être orientées dans le cadre de la complémentarité et prendre en compte les asymétries profondes qui existent d’une famille à l’autre, d’un pays à l’autre, et d’un continent à l’autre.
4 – Le quatrième point est orienté sur le thème de l’eau, qui doit être garantie comme droit humain et protégée de la privatisation en peu de mains. Car l’eau est vie.
5 – Comme cinquième point, je veux vous dire que nous devons chercher la manière de mettre un terme au gaspillage d’énergie. Nous sommes en train d’épuiser, depuis 100 ans, l’énergie fossile créée durant des millions d’années. Comme certains présidents qui réservent des terres pour des automobiles de luxe et non pour l’être humain, nous devons mettre en œuvre des politiques pour freiner les agrocarburants et, de cette manière, éviter la faim et la misère pour nos peuples.
6 – Le sixième point est celui de la Terre Mère. Le système capitaliste ramène la Mère Terre à une matière première. Or la terre ne peut être comprise comme une marchandise : qui pourrait privatiser ou louer sa mère ? Je propose que nous organisions un mouvement international de défense de la Mère Nature, pour récupérer la santé de la Terre Mère et reconstituer avec elle une vie harmonieuse et responsable.
7 – Le septième point du débat est constitué par le thème central des services de base, c’est-à-dire l’eau, la lumière, l’éducation, la santé qui doivent être pris en considération comme un droit humain.
8 – Comme huitième point : consommer ce qui est nécessaire, donner la priorité à ce que nous produisons et consommons localement, mettre un terme à la consommation, au gaspillage et au luxe. Nous devons donner la priorité à la production locale pour la consommation locale, en stimulant l’autosuffisance et la souveraineté des communautés dans les limites permises par la santé et les ressources limitées de la planète.
9 – L’avant-dernier point est la promotion de la diversité culturelle et économique. Vivre unis en respectant nos différences, non seulement physionomiques mais aussi économiques –des économies maniées par les communautés et associations.
10 – Soeurs et frères, comme dixième point, nous proposons le Bien Vivre – ne pas vivre mieux au détriment de l’autre – , un Bien Vivre basé sur l’expérience de nos peuples, sur les richesses de nos communautés, terres fertiles, eau et air propres. On parle beaucoup du socialisme, mais il faut améliorer ce socialisme du XXIe siècle en construisant un socialisme communautaire ou, simplement, le Vivre Bien, en harmonie avec la Terre Mère, en respectant les modèles d’expérience de la communauté.
Je suis finalement persuadé que vous assurerez, soeurs et frères, le suivi des problèmes existants. J’en conclus qu’il y aura toujours des problèmes, mais je veux vous confirmer que je suis très heureux – et non déçu ni préoccupé par le fait que ces groupes qui ont asservi nos familles de façon permanente, pendant la période de l’esclavage et à l’époque du néo-libéralisme, continuent, regroupés dans quelques formations politiques, à me résister.
Il est de notre devoir de faire face à ces groupes qui vivent dans le luxe et ne veulent pas perdre celui-ci. Ce sera l’orientation de la nouvelle politique que je veux mettre en place. Pour conclure, je tiens à remercier chaleureusement mon ami le Président Indien de la Bolivie, Evo Moralès, qui m’a fourni l’essentiel de ce discours, ainsi que « la feuille charbinoise » qui en a assuré la retranscription pour ses lecteurs. Que la paix soit avec vous… »
NDLR : Ce discours est celui qu’a tenu le président Evo Moralès à l’occasion du 3ème Forum Social des Amériques, dans le cadre de la journée continentale de solidarité avec la Bolivie. Ce texte est remarquable et je regrette qu’il n’ait pas eu un plus grand retentissement dans nos medias. La traduction réelle de ce discours a été assurée par Thierry Pignolet et elle est publiée sur le site d’Altermonde sans frontières.
5novembre2008
Posté par Paul dans la catégorie : au jour le jour....
J’en ai rêvé longtemps ; ma petite famille l’a fait et, aujourd’hui, jour J, j’ai enfin le droit d’en parler ! Vous vous souvenez peut-être : dans mon avant-dernière chronique, je racontais qu’en partant du festival du bois de Saint Galmier, nous avions fait le détour par Lyon… Je peux maintenant préciser notre destination : un magasin de musique, un peu vieillot mais fort sympathique, situé sur le plateau de la Croix Rousse où nous avons fait l’acquisition d’un superbe accordéon diatonique, de marque Maugein, fabrication française comme il se doit. Ce cadeau là, je ne l’ai pas rangé dans le célébrissime placard de ma mémé. Depuis quelques jours, il trône sur mon bureau et, chaque fois que j’ai une minute de libre, j’enfile les bretelles, je place maladroitement les mains à peu près au bon endroit, et, pousse que je tire, j’en sors une série de notes et d’accords, parfois grinçants, parfois (rarement) harmonieux, mais excellents pour mon moral.
Je connais le B A BA de la musique et j’ai une (lointaine) formation de pianiste. J’ai ensuite pratiqué un peu la flûte et le violon… Mais là, je dois vous avouer que mes neurones souffrent car pour moi, quand on veut changer de note, on doit bouger ses doigts sur le clavier. Là ce n’est pas le cas : la même touche enfoncée peut produire deux sons différents selon que l’on tire, « pchhhhhh…. ! », ou que l’on pousse, « pffffff….! » Alors c’est la galère ! Le mi attendu devient un ré ou un fa et cent fois, sur l’ouvrage, il me faut tout reprendre à zéro. En plus, voilà ti pas que la main gauche a un jeu différent de celui de la main droite ! Je vous jure ! Enfin… ça grince, ça siffle, ça éternue, mais ça avance, comme les bonnes vieilles locomotives à vapeur que j’ai tant de plaisir à voir manœuvrer. Si je vous dis qu’en plus mon instrument est en bois, et pas n’importe quel bois puisqu’il s’agit d’un joli noyer bien veiné, vous comprendrez que mon bonheur est total…
J’ai hésité un temps à ressortir le violon, pour assouvir mes envies de musique, puis j’ai décidé que, si je me remettais à jouer, ce serait l’accordéon. Il faut dire que j’adore en particulier la musique traditionnelle, en particulier le folk celtique (qu’il soit gaélique, gallicien ou irlandais) ou le folk québecois, et que, si l’on ne craque pas pour le violon, il ne reste guère que l’accordéon, la vielle ou la famille des cornemuses. La vielle en solo, hors d’un orchestre, je trouve ça un peu tristounet… La cornemuse, vu ma capacité pulmonaire, j’aurais certainement besoin du renfort d’un compresseur… Le violon c’est un peu trop sportif à mon goût et dur à supporter pour le voisinage au début… Va pour l’accordéon diatonique, le petit, le tout mignon, celui qu’on utilise dans les bals (mais pas les baloches) et qui accompagne si bien la voix lorsqu’on interprète une complainte ou une chanson à boire…
Peut-être ne savez-vous pas la différence qu’il y a entre l’accordéon diatonique et le chromatique ? A l’œil c’est principalement la taille et le nombre de boutons sur les deux claviers. La gamme du diatonique est réduite (moins de notes, en particulier moins d’altérations – dièses, bémols) et une richesse harmonique moindre, ce qui lui donne un charme certain et une couleur sonore bien particulière. Le diatonique est surtout utilisé dans la musique populaire traditionnelle, alors que son « grand frère » traîne dans les bals musette et les guinguettes d’ici et d’ailleurs. En fait, la famille de l’accordéon est bien plus vaste que cela, puisque l’on y trouve aussi le mélodéon, le bandonéon, l’harmonéon et le concertina. Né en Autriche le 6 mai 1829 (c’est un jeunot, ses ancêtres n’ont même pas deux siècles !), il est parti rapidement à la conquête des quatre coins du monde, accompagnant bien souvent les marins dans leurs voyages. Ce sont par exemple les Allemands qui l’ont importé en Argentine : l’un des membres influents de la famille, le bandonéon, a été ainsi très vite associé aux sonorités bien particulières du tango… Ce « dérapage » culturel m’ayant épuisé, je crois bien que je vais retourner faire une petite sieste, à moins que…
Au fait ! Tu nous joues un petit air sympa ? D’accord Léon ? Euh… je crois que c’est un peu prématuré, et puis, mon petit nom à moi, c’est pas Léon, c’est Paul !
3novembre2008
Posté par Paul dans la catégorie : Humeur du jour; Vive la Politique.
Monsieur Hortefeux, l’un des membres éminents du gouvernement de notre tant aimé président vaudou, fait ces jours ci un clin d’œil aux nostalgiques de « Maréchal nous voilà », en choisissant la ville de Vichy pour y organiser un symposium de tout ce que l’Europe compte comme flics en chef et sous-flics de première catégorie – symposium sur le thème de l’immigration. Ce n’est certainement pas par hasard que la ville thermale a été choisie par ce politicien, connu pour ses sympathies avec l’extrême droite, se vantant d’améliorer de mois en mois les performances des services chargés de l’expulsion manu militari des travailleurs indésirables. Certes au pays de l’hypocrisie et des droits de l’homme, on n’enferme plus les étrangers à vie dans des camps de travail forcé jusqu’à ce qu’ils en crèvent. Le service offert est beaucoup plus « propre ». On ne collabore plus avec une puissance occupante. L’analogie avec le gouvernement de Vichy est certes partielle, mais on est en bon chemin. On se contente de livrer les « sans-papiers » à des gouvernements « amis » qui se chargeront du sale boulot, ou l’on crée des conditions humaines telles (couples ou familles brisées, arbitraire insoutenable) que ce sont les immigrés eux-mêmes qui choisissent de mettre fin à leurs jours.
La ville de Vichy renoue donc avec ces démons du passé que certains s’emploient sans relâche à faire réapparaître dans notre histoire. Tristes symboles… Pendant trois jours, du « beau linge » est attendu au palais des congrès et dans les hôtels de luxe : Monsieur Hortefeux, ancien militant du GUD (groupement étudiant d’extrême droite tristement célèbre dans les années post 68 – Patrick Devedjian, autre militant célèbre), pourra serrer la main de son homologue italien, Roberto Maroni, militant de la Ligue du Nord, ce mouvement politique qui rêve d’épuration ethnique en Italie, et appelle la population à commettre les pires exactions contre les Roms ou les Roumains présents dans la péninsule. Monsieur Hortefeux aurait certainement trouvé un prétexte pour inviter Mr Jorg Haider, si celui-ci n’avait pas été malencontreusement écarté de la scène politique, ainsi que quelques autres chemises noires et brunes de ses connaissances. Reconnaissons un mérite à Mr Hortefeux, celui de jouer cartes sur table : il est le seul en Europe à porter ce titre ahurissant de « ministre de l’Immigration, de l’Intégration et de l’Identité Nationale »… Ses vingt-sept collègues ne sont encore que « ministres de l’intérieur ou de la justice », ce qui manque un peu de clarté idéologique. En période de crise économique, quoi de plus facile que de focaliser à nouveau l’opinion sur la chasse aux sans papiers et autres immigrés kleenex qui vont et viennent en fonction des besoins de nos braves entrepreneurs nationaux. Certes, comme je le disais plus haut, le contexte a changé, et on ne hurlera plus à la tribune de slogans racistes en se saluant la main levée. La forme a évolué mais l’intention reste peu ou prou la même. Les « non-citoyens » Français ne peuvent évidemment prétendre à la moindre parcelle d’humanisme. Le slogan « Liberté, Egalité, Fraternité » qui orne nos mairies, s’arrête bien évidemment aux frontières du « permis de séjour » ou du « permis de travail ».
Que Monsieur Hortefeux se rassure, je suis persuadé qu’il est soutenu dans son action par une majorité de nos concitoyens, abreuvés de fausses informations sur le mauvais comportement de « ces gens là ». Comme le travail est facile à faire lorsqu’il a été prémâché par les bourreurs de mou des médias appartenant aux « amis du Président » ou par les journalistes mielleux des soi-disant chaînes d’informations « publiques », que ce soit Télé Elysée 2 , Télé Elysée 3 ou Elysée infos… De brave gens sont d’ailleurs prêts à aider la police dans son travail, comme au bon vieux temps : personnel de mairie signalant les inscriptions d’enfants d’origine « douteuse » dans les cantines ou dans les écoles (cf actualité récente à Paris), voire même directeurs d’école ne voyant pas le problème, lorsqu’ils signalent à la gendarmerie de leur village, des enfants de familles étrangères ne possédant pas tous les documents nécessaires ou présentant un profil de « déliquant potentiel ». Tous les gens prêts à faire ce sale boulot ne se situent d’ailleurs pas forcément à droite de l’échiquier politique. Tant que les expulsions se passent proprement, ils préfèrent ne rien savoir : « la France ne peut pas porter tout le malheur du monde ». Quant aux bavures, « que voulez-vous il faut bien témoigner d’un peu de fermeté si l’on veut qu’une politique donne des résultats ».
Je souhaite à tous ces braves ministres un bon début de semaine en cure d’expulsion. Je compte sur eux pour consolider les murs de la forteresse Europe. J’espère qu’ils sauront rabrouer leurs collègues qui manquent de fermeté dans l’application des directives communes. A l’heure où j’écris ces lignes, je ne sais pas encore ce que donnera l’appel à manifester et à organiser un « contre-sommet » qui a été lancé par un certain nombre d’organisation de défense des droits de l’homme, mais je suis assez pessimiste et je crains que les vociférations de cette bande d’humanistes incontrôlables n’empêche pas les braves gens de dormir. Le préfet de l’Allier veille sur leur sommeil : plus de 800 policiers, en civil et en uniforme, à cheval et en bateau, assureront le maintien de l’ordre pendant la cure. Aux dernières nouvelles météorologiques, la rivière Allier n’apprécie guère ce rassemblement et semble, elle aussi, vouloir faire quelques vagues !
Manifestation prévue lundi 3 octobre à 18 h. Je sais, c’est un peu tard pour le dire, mais bon…
NDLR : l’affiche (illustration n°3) est l’œuvre du dessinateur FredHem. Elle provient du site de RESF (Réseau Education Sans frontières). Le portait de l’homme pour lequel n’existe pas encore de statuette vaudou provient sans doute du journal « Le Point ». Quant à celle du gouvernement Pétain… plusieurs de nos gouvernants la possèdent dans leur collection privée alors…
1novembre2008
Posté par Paul dans la catégorie : au jour le jour...; Feuilles vertes.
Décidément, la journée d’hier a été riche en enseignements, le premier étant que lorsqu’on se lève d’un pas branlant (cf chronique « autocensure »), mieux vaut détourner la tête de la ligne bleue des Vosges et se fixer sur une activité que l’on apprécie. Le dernier c’est que la musique adoucit les mœurs, mais ceci est une histoire que je vous conterai plus tard ! Hier matin, donc, nous sommes partis au « festival du bois » dans la petite ville de Saint Galmier, dans la Loire, non loin de St Etienne. Le nom de cette charmante petite bourgade ne vous dit probablement rien, c’est pourtant l’endroit où l’on met en bouteilles la célébrissime (et néanmoins imbuvable à mon goût) eau minérale Badoit. Je vous rassure tout de suite, je n’avais nul chagrin à noyer, et, dans le cas contraire, ce n’est probablement pas ce breuvage que j’aurais choisi ! Dans notre région, il y a deux manifestations intéressantes pour les amateurs de bois : le salon « Bois passion » qui a lieu tous les deux ans, au printemps, dans la bonne ville de Grenoble, et le « festival du bois qui pétille » à Saint Galmier, à l’automne, tous les deux ans aussi, en alternance. L’ambiance des deux manifestations est totalement différente : « Bois passion » c’est un salon plutôt traditionnel avec de nombreux exposants et pas mal d’amateurs tournant autour des stands avec des regards de convoitise ; à Saint Galmier, ce sont surtout les amateurs « bricoleurs » et les artisans qui sont à la fête car un vaste espace est réservé aux démonstrations et un autre à une exposition de réalisations vraiment exceptionnelles.
Après avoir arrêté pendant longtemps le travail du bois, je m’y remets peu à peu. Je m’approche des machines à pas de loup ; je tourne les commutateurs ; une petite coupe par ci ; quelques petits copeaux par là… Après avoir bricolé avec acharnement pendant quelques années, je me suis arrêté pour raisons professionnelles, mais aussi parce que passionné par beaucoup de choses, je n’avais plus le temps de me consacrer avec sérieux à la réalisation de meubles. Je reviens peu à peu au bois « technique », mais je suis aussi de plus en plus sensible au charme des arbres et à la poésie des forêts. Collectionneur dans l’âme, ce retour aux sources se caractérise par une envie irrésistible d’accumuler divers échantillons de bois que je découpe, rabote et ponce avec amour : essences diverses pour comparer les dessins, mais aussi formes curieuses que je commence à entasser sur des étagères. Je me suis aperçu à Saint Galmier que je n’étais pas le seul à avoir cette manie des échantillons. Nous avons pu admirer toutes sortes de présentations de collections d’essences de bois. L’un fabrique des camions originaux : autant de semi-remorques que de bois d’œuvres différents ; l’autre réalise un calendrier celtique en sculptant ses arbres dans le bois correspondant… Il y a bien sûr les traditionnels alignements de plaquettes dans des coffrets ou les silhouettes d’arbres amoureusement découpées : le frêne dans du bois de frêne, le micocoulier dans du bois de micocoulier… Je croyais connaître toutes les essences indigènes de notre vieux continent : eh bien non ! J’ai appris l’existence d’un arbuste de garrigue, nommé Phyllirea (Filaria), dont je n’avais jamais entendu parler.
Du côté des « démonstrations », les tourneurs sont à la fête. Ils sont au moins une vingtaine, dans une grande salle, venus des quatre coins de France. Les moteurs vrombissent et les copeaux giclent dans toutes les directions : pieds de lampes, bols, assiettes… mais aussi créations artistiques aux formes surprenantes, ou véritables prouesses techniques (genre escalier en miniature, de forme spiralée, d’une cinquantaine de centimètres de hauteur, avec des marches rondes de quelques millimètres de diamètre, entièrement réalisé au tour). Je remarque au passage que ce sont uniquement des hommes qui travaillent sur les tours à bois et j’avoue être un peu surpris par ce phénomène. Il y a beaucoup moins de sculpteurs, mais les objets exposés ou bien les bas reliefs en cours de réalisation s’avèrent splendides. Beaucoup d’humour sur certains stands (cf la photo du « loup qui sort du bois, une sculpture faisant partie de la série « bizarnimaux » de Yves Perrin) mais aussi de poésie (photo de la forêt sculptée). Dernière discipline artistique présentée : la marquetterie. Là aussi les réalisations sont splendides et témoignent d’un niveau de compétence extraordinaire de la part des artisans qui les présentent. Mon seul regret c’est la nature des modèles qui sont souvent choisis en marquetterie : ils sont souvent d’un classicisme ou d’un conventionnel un peu désolant.
Dans la salle des exposants de matériel, un musée de l’outillage présentait un échantillonnage remarquable de ciseaux, gouges, rabots et autres varlopes. J’ai encore une fois louché sur le stand de ce fabricant allemand réputé de scies à chantourner : vous savez, ces scies à lames très fines, permettant de découper des pièces minuscules pour fabriquer du mobilier de poupée, des puzzles ou des lettres de l’alphabet (je me demande bien pourquoi je m’intéresse à ça !). Mais j’ai été raisonnable, non pas pour des raisons budgétaires mais pour des questions de temps. Je découvre avec tristesse que les journées ne sont pas extensibles. Il est fort probable qu’au printemps, à Grenoble, je ferai encore une longue station devant ce comptoir ! Il faut dire aussi que nous avons abrégé notre visite. Il nous fallait encore passer à Lyon, avant de rentrer au bercail… Passer à Lyon, car une autre surprise m’attendait… Eh oui, chère Clopine, pour moi aussi un heureux évènement s’est produit. Mais chut ! Il faut attendre encore 5 jours pour en parler ! En tout cas, j’étais de tellement bonne humeur que je n’ai même pas râlé dans les kilomètres de bouchons que nous avons dû supporter pour passer dans la capitale des Gaules… C’est dire !
NDLR : photos maison bien entendu. Les camions sont l’œuvre de François Portmann. Vous pouvez avoir la liste des participants ainsi que celle des animations proposées à cette adresse : http://www.saint-galmier.fr/img/manifestations/programme%20envoi%20mail.pdf

rectificatif : le sculpteur auteur de cette œuvre se nomme Paul Corbineau et non Jean-Yves Ménager…



31octobre2008
Posté par Paul dans la catégorie : au jour le jour....
Pas de chronique ce matin. Celle que j’avais écrite, finalement, c’est la corbeille du Mac qui la lira. Non pas parce qu’elle était plus mal rédigée qu’une autre ou parce qu’elle ne présentait pas d’intérêt. Non, la raison est tout autre. Cette chronique est sous-tendue par un raisonnement qui est faux et pour lequel je trouve moi-même, maintenant qu’elle est rédigée, de nombreux contre-exemples pour le démonter. Ce n’est pas la démonstration qui est incorrecte, c’est mon idée de base qui est idiote. J’en tire deux conclusions au moins. La première c’est que la colère n’est pas toujours bonne conseillère ; la seconde c’est que le passage à l’écrit est parfois très utile car c’est une fois que les mots, les phrases, s’alignent à l’écran que l’on s’aperçoit que l’on fait fausse route. J’enfonce les portes ouvertes sans doute… Vous ne saurez donc pas de quoi parlait cette chronique ; c’est aussi bien pour le moral des troupes car elle était du genre démoralisant « tous pourris, tous des cons ». Je n’aime pas effacer purement et simplement un texte, surtout lorsqu’il est achevé. D’habitude, je mets de côté, je « congèle », puis je « décongèle » lorsque j’ai trouvé un assaisonnement convenable. C’est valable surtout pour des billets que je trouve maladroits, incomplets ou mal documentés. Là, je crois qu’il faut trancher dans le vif : corbeille.
Figurez vous que ma frustration est sans doute égale, si ce n’est supérieure à la vôtre ! Pour me consoler, je passe la journée au « festival du bois » à Saint-Galmier dans la Loire. Je vais voir des gens qui font des choses de leurs mains, des artistes qui communiquent avec cette matière que j’aime tant. Je vous raconterai tout ça à mon retour ! Bonne continuation !