14 mars 2014

Ça mon coco, c’est un bric à blog pile poil comme il en faut un au mois de mars

Posté par Paul dans la catégorie : Bric à blog .

Rien que de l’agricole ou presque !

C’est le printemps alors on commence par parler jardin, agriculture, écologie et petits oiseaux.

bio Quand l’INRA parle de l’agriculture biologique, il y a de quoi être sceptique, vus certains antécédents de cet organisme et notamment son penchant marqué pour l’agriculture intensive. La lecture d’un document récent publié par des « chercheurs » de l’Institut ne peut que renforcer ces craintes. Il y a de quoi avoir froid dans le dos quand on apprend que les signataires de cette étude sont soi-disant des « scientifiques ». Le contenu de cette publication met en doute l’intérêt même de l’agriculture biologique,  dénonce son absence de rendement, et préconise l’usage de certains pesticides par les agriculteurs bio. Les conditions dans lesquelles ce travail a été réalisé ont provoqué une véritable tempête au sein de la vénérable institution car elle abrite, par chance, un certain nombre de gens plus sérieux supportant mal d’être associés de façon plus ou moins indirecte à un document de ce genre. Une centaine de chercheurs ont signé une lettre de protestation mettant en doute la qualité de ce travail. On peut lire à ce sujet un excellent reportage sur le site Reporterre. L’article contient une copie de la lettre adressée par les contestataires à leur direction.

Tractors_in_Potato_FieldDe l’Insa à la FNSEA et à son lobbying de défense de l’agro-industrie, il n’y a qu’un pas à franchir. Ce gouvernement, tout comme le précédent, est de toute évidence aux ordres de la FNSEA, ce syndicat majoritaire dans le monde agricole qui défend principalement les intérêts des grosses exploitations, en particulier des céréaliers. Les écologistes se sont réjouis trop vite de leur première victoire contre le projet délirant de la ferme des Mille Vaches dans la Somme. Le Tribunal Administratif d’Amiens vient de donner tort aux opposants à la construction de cette usine géante pour animaux. Ils réclamaient la suspension des travaux en raison de vices de forme importants dans le montage du projet. Le T.A. n’a pas exprimé d’avis sur le permis de construire en lui-même, mais a refusé l’interruption du chantier réclamée par une centaine de riverains, la Confédération Paysanne et plusieurs organisations écologiques. L’avenir de l’agriculture est là ; le gouvernement en est bien convaincu ; il n’y a qu’à lire les communiqués qui ont suivi les Etats Généraux de l’Agriculture en février. Rappelons, pour montrer quels intérêts défend la FNSEA,  que son président, Xavier Beulin, est aussi patron de Sofiproteol (géant industriel pesant plus de 7 milliards d’euro dans la balance). On imagine tout à fait ces « pauvres paysans » défendant les exploitations familiales ou l’agriculture de montagne. En matière électorale le PS n’a pourtant rien à gagner en soutenant une structure ultra-réactionnaire, important bailleur de fonds des campagnes de l’UMP. Mieux vaut en rire qu’en pleurer. Encore une fois, l’étude publiée par le site Reporterre, vous apportera toutes les informations nécessaires à une bonne compréhension du dossier. L’avenir agricole, pour ces beaux messieurs, ce sont des exploitations de plusieurs milliers d’hectares, des pesticides à gogo, des OGM à perte de vue, de l’irrigation jusqu’à plus soif… Tout cela financé par le portefeuille des contribuables.

secheresse Yunan 2013 Dans un billet récent publié sur « Planète sans visa », Fabrice Nicolino attire l’attention de ses lecteurs sur la situation écologique catastrophique dans laquelle se trouve la Chine. Nous ne découvrons dans nos médias que des études à la gloire de l’économie chinoise et de sa progression spectaculaire au cours des deux dernières décennies. Les rayons de nos magasins sont remplis de produits manufacturés en Chine… Tout cela a un coût : humain en premier lieu quand on sait quelles sont les conditions de travail dans les grosses unités industrielles de ce pays, mais aussi écologique. Le gaspillage des ressources énergétiques et des matières premières est considérable. L’absence de dispositifs permettant de contrôler un tant soit peu les rejets polluants dans l’air, l’eau et la terre, a pour conséquence une grave pollution d’une grande partie du territoire chinois. Le pillage des ressources en eau, par exemple, est tel que de graves problèmes d’approvisionnement se posent pour les décennies à venir. La Chine envisage de plus en plus sérieusement de récupérer l’eau des hauts plateaux tibétains, au détriment de l’Inde voisine. Ce choix désastreux pour l’écologie de la région dans son ensemble constituerait un casus belli quasiment certain avec le puissant voisin. Il n’est pas question de contrarier le gouvernement chinois et les médias occidentaux limitent leurs critiques. Il ne faudrait pas s’aliéner un client de choix pour nos merveilles technologiques et nos produits de luxe. Au cas où les Chinois souhaiteraient aligner leur consommation moyenne de viande sur celle des citoyens américains, à savoir 125 kg par an, par habitant, existe-t-il seulement un moyen de répondre à la demande ?

ecoruralis Une mauvaise solution pour essayer de nourrir tout ce monde ? Aller chercher des terres fertiles là où il y en a, et surtout là où elles ne sont pas chères. Il s’agit là d’une démarche que le gouvernement chinois a adoptée il y a pas mal d’années. La Chine achète ou loue pour des sommes dérisoires d’immenses espaces agricoles en Afrique ou en Amérique du Sud par exemple. Mais ce pays n’est pas le seul à procéder de cette manière. Il n’y a pas besoin de voyager très loin pour observer ce genre de phénomène. Depuis quelques années, en Europe, les pays de l’Ouest, France et Allemagne en tête, convoitent les terres agricoles des pays de l’ancien bloc de l’Est. Les terres roumaines, fertiles et peu onéreuses, sont particulièrement convoitées. Les gros propriétaires de ce pays trouvent là un moyen de faire de l’argent facilement, avec, comme il se doit, la bénédiction de leur gouvernement. La corruption est si répandue en Roumanie qu’il est extrêmement difficile de contrôler les transactions immobilières qui ont eu lieu ces dernières années. Selon l’ONG EcoRuralis, l’une des rares organisations écologistes à s’intéresser à la question, plus de 700 000 hectares de terre, en Roumanie, sont déjà aux mains d’investisseurs étrangers. Cela représente 7 à 8% des terres arables du pays. Le même processus s’applique également aux forêts qui sont achetées et/ou exploitées par des entreprises étrangères. Depuis quelques années le bois d’œuvre utilisé sur le marché français par les fabricants de menuiserie provient de Pologne, d’Ukraine, de Roumanie… Coupes à blanc, déforestation sauvage, saccage des paysages sont monnaie courante. Le site Bastamag a publié une très bonne étude sur ce sujet et je vous en recommande la lecture. Les pratiques désastreuses évoquées ci-dessus sont, comme il se doit, vivement encouragées par la Commission Européenne…

permaculture design Bon, on ne va pas rester dans les sujets qui fâchent et je vais essayer de vous proposer quelques liens sympas et un peu plus positifs ! Cela fait deux années que nous nous intéressons à la permaculture, sans toutefois la mettre vraiment en pratique. Nous ferons sans doute cette année nos premiers pas. Certains concepts sous-jacents à cette technique agricole nous semblent intéressants. D’autres nous emballent moins. Aucune méthode n’est vraiment transposable de façon universelle, mais les idées nouvelles méritent d’être expérimentées. Si vous êtes novices en la matière ou si la question vous intéresse, sachez que l’on trouve sur la Toile une documentation abondante et variée, notamment des vidéos. Le site « permaculturedesign » me paraît particulièrement riche en propositions et offre de nombreuses vidéos assez convaincantes. Je pense que c’est l’un des incontournables dans le domaine. Parmi les expériences passionnantes à connaître, il y a aussi le « jardin des fraternités ouvrières » en Belgique, présenté en détail dans cette vidéo.  Sur un terrain de 1800 m2 cohabitent 2050 variétés d’arbres et 5000 variétés de plantes comestibles. On ne peut pas accuser les propriétaires de ce jardin idyllique de gaspiller de la place… Trente-cinq années de culture sans aucun apport extérieur d’amendements. Quant au taux d’humus du sol, il ferait tomber dans les pommes les « experts » de l’INRA cités dans le premier paragraphe de cette chronique ! Autre excursion intéressante possible sur un site portant le nom évocateur de « Prise de Terre, du courant alternatif pour le jardin« . Vous y trouverez des conseils, des informations sur les stages auxquels il est possible de participer et de magnifiques photos de réalisations aussi diverses que des bâtiments en écoconstruction ou des massifs de plantes médicinales aux formes harmonieuses. La permaculture est une approche globale de la relation entre l’homme et la nature, celle-ci étant envisagée de la manière la plus harmonieuse possible. Une revue s’intéresse de près à la permaculture ; il s’agit de « Passerelle Eco » (voir site web).
Si les quelques liens fournis dans ce paragraphe ne suffisent pas à satisfaire votre curiosité, il ne vous reste plus qu’à faire un tour sur le site de l’Université Populaire de Permaculture : vous trouverez sûrement une réponse aux questions que vous vous posez. Nous, pour l’instant, nous n’en sommes qu’à appliquer le B.A.BA dans quelques secteurs de notre espace de verdure.

incroyables comestibles france_bretagne_rennes On termine avec la sympathique aventure des « incroyables comestibles » avec le site français des protagonistes de cette expérience. Petit rappel : cette histoire des « incroyables comestibles » a débuté en Grande Bretagne dans la ville de Todmorden.  Le principe est simple : il s’agit de mettre en place une économie vertueuse, incitant les habitants d’un quartier ou d’un village à produire et à consommer localement. Chacun tente de mettre en culture les espaces les plus inattendus et d’offrir le fruit de son travail sous forme de don ou de troc. On partage tout ou partie de ce que l’on produit. Pas d’argent dans cette transaction vertueuse. Une utopie ? Sans doute ! Mais une utopie qui fonctionne. De grandes idées et des petits pas peuvent permettre de changer la vie d’une communauté comme l’indique un panneau explicatif affiché dans une ville. A Todmorden les espaces cultivés sont nombreux : chacun peut se servir librement et gratuitement de légumes et de fruits. Chose curieuse, la mise en place de ces pratiques a réduit considérablement le nombre d’actes de vandalisme ayant lieu sur la commune. Transformer les villes en potagers gratuits… voilà une agréable façon de terminer cette chronique sur une note optimiste ! La Feuille Charbinoise, le blog qui ménage le moral de ses lecteurs·trices…

Zut j’ai oublié les petits oiseaux ! Vite un lien !

Origine des illustrations – photo n°1 : blog SOS Crise – photo n°2 : Wikipedia Commons – photo n°3 : Chine informations (Des enfants jouent dans un étang asséché dans le village de Duomaga de la ville de Kunming, capitale de la province du Yunnan, le 26 mars 2013) – photo n°4 : site de l’ONG Eco ruralis Roumanie – photo n°5 : http://www.permacultureglobal.com – photo n°6 : incroyables comestibles France – photo n°7 : photo bucolique à souhait… cheu nous.

notre verdure

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