9 août 2020

Coucou qui c’est ?

Posté par Paul dans la catégorie : au jour le jour...; Humeur du jour .

Ça fait des mois que le clavier me démange… Mais vous savez comment c’est ! On s’habitue malheureusement à ne pas écrire ou à trouver désuets les quelques enchaînements de mots qu’on arrive à aligner à l’écran. Plus les automatismes disparaissent, plus les barrières se font nombreuses. Pas vraiment de l’autocensure, mais plutôt du « bofisme ». Et puis… j’ai reçu un p’tit message, très poétique, très encourageant, sur la boîte du blog. Il s’est posé comme la graine sur un terreau fertile. Va-t-il germer et donner une nouvelle plante ? L’avenir le dira… En tout cas, merci Marie Alice !

Les événements récents (sur lesquels je ne m’étendrai pas… pour l’instant) ont fourni à nos gouvernants un nouveau prétexte pour s’immiscer dans notre espace privé et essayer de brider un peu plus le champ des idées sur lesquelles nous pouvons encore réfléchir, avec l’illusion d’être encore un peu maître de nos vies. Chaque pouce de liberté conquis par le système va demander de plus en plus d’efforts pour être reconquis. Les partisans du fichage, du traçage, de la pensée formatée sont à la fête. Trop nombreux sont aussi ceux qui confondent révolte et révolution, et s’imaginent libres parce qu’ils confondent bon sens et libération prématurée des comportements. Pendant qu’ils font les guignols en jouant avec le droit à la santé qui est notre droit à tous, ils ne se rendent même pas compte qu’on leur pose des menottes de plus en plus serrées… Aude Vidal a écrit un très bon papier là-dessus dans son blog « écologie politique ». Ça s’intitule « Rébellitude ou anarchisme ? Une histoire d’eau » et ça envoie une bonne claque dans la tronche. Merci Aude. Derrière toutes ces attitudes croquignolesques domine un manque de respect pour les autres qui n’est – pour sûr – pas l’une des composantes de l’éthique libertaire.

 J’avoue que l’un des effets de la pandémie a été de développer un peu plus mon côté parano, quand je vois tout ce que l’état policier orwellien qui progresse à pas de velours peut tirer des gadgets avec lesquels nous jouons au quotidien. Certes, il y a un contrôle qui se fait à notre insu et parfois contre notre volonté : je pense aux réseaux de caméras qui quadrillent nos espaces urbains (mais aussi ruraux – c’était l’argument choc pour les dernières municipales chez nous) ; mais il y a aussi des informations que nous livrons aux traqueurs potentiels avec le sourire aux lèvres : connexions internet, téléphonie mobile, réseaux sociaux, cartes bancaires, cartes de fidélité… etc… Chaque empreinte que nous laissons dans nos déplacements ne fournit que des indices bien innocents, mais la capacité de croisement des fichiers, de recoupement des données, est devenue de plus en plus courante. Les cris d’effroi de la C.N.I.L. n’impressionnent plus guère nos gouvernants qui prennent prétexte de « leurs luttes d’intérêt général » pour autoriser tout et n’importe quoi. Pour me protéger des gauchistes, des terroristes et des virus, Monsieur BigData se fait de plus en plus insidieux. On se créait des petits frissons dans le dos il y a une décennie, en imaginant ce que pouvait donner le cumul des infos que nous pouvons donner sur nous même à travers les différents réseaux sociaux. La dimension du jeu a changé et les réseaux d’espionnage se sont multipliés… Parmi ces nouveaux amis de la liberté, les objets connectés et les compteurs « intelligents », qui sont beaucoup plus indiscrets que ce que nous croyons. Il n’y a pas que sur la Toile que l’on laisse de belles empreintes. Notre bon ami Gogol est capable de vous rappeler qu’en 2013 vous avez acheté une paire de chaussettes sur un site danois, et que vous n’y êtes retourné que deux fois depuis. Ça ne vous gêne pas ? Moi si, même si je sais qu’à l’heure actuelle, acheter des chaussettes rouges n’est pas encore considéré comme un délit.

 Alors ? Parano et réfractaire à toute technologie ? Sans doute pas encore (difficile d’ailleurs !) mais de plus en plus méfiant… A l’heure où l’on parle de réduire le nombre de distributeurs de billets, je prends un malin plaisir à payer mes courses en espèces : ça me plait certains jours que mon banquier ne connaisse pas la liste exacte de mes fournisseurs. Essayez de passer deux ou trois jours de vacances dans le trou du cul du monde sans que ni votre banquier, ni la police, ni Madame Michu ne soient au courant. Ce n’est pas si facile que ça. De surcroit, comme je ne focalise pas vraiment là-dessus, je suis certain qu’il y aura une faille dans le système infaillible que je vais essayer d’élaborer.  Alors, s’il vous plait, ne nous laissons pas égorger comme des agneaux. Il paraît qu’une fois dans le dernier couloir, il est difficile de faire demi-tour. Intéressons-nous aux utopies ! Je viens de lire un très bon bouquin intitulé « Ecotopia », écrit par un certain Ernest Callenbach et publié chez « rue de l’échiquier ». Ça se passe aux Etats, dans les années 80, en plein brouillard de pollution physique et mentale ; trois Etats de la côte Ouest ont fait sécession (Oregon, Californie, Washington). Ils ont changé de voilure et suivent le vent de l’écologie de manière plutôt sympa… Il est grand temps que vous le lisiez ce livre : il a été publié en 1975 aux Etats-Unis et il a fallu plus de 40 ans pour qu’il soit traduit dans la langue de Molière et de Macron. Ça date un peu, parfois, mais pas tant que ça : intéressez-vous à l’actualité, à Portland par exemple, et vous verrez que ça bouge, loin, très loin de chez nous ! Ça bouge encore en 2020. Même masqué, on peut manifester.

A part ça, nos arbres ? Eh bien ils poussent, même s’ils ont de plus en plus soif chaque année à la même période. La photo, c’est triché : elle a été prise au mois de mai en pleine crise de verdure !

 

2 Comments so far...

Anne-Marie Says:

9 août 2020 at 13:12.

Comment ne pas être d’accord.

Machiavel (déjà) disait : « Celui qui maîtrise la peur des gens devient le maître de leur âme. »

La peur fait accepter à beaucoup n’importe quelle mesure soi-disant pour notre « bien »

https://www.youtube.com/watch?v=3NnQoeLsPrM

Marie Alice Says:

11 août 2020 at 19:23.

20200811 – En quelques minutes

L’élcair fulgurant annonçait sans équivoque le roulement de tonnerres fracassants qui le suivit sans respecter de distance
L’onde de choc a traversé plus d’un corps de nous
Et puis s’en sont allés, comme si de rien n’était
Alors, tout va bien à nouveau
Effrayantes ces quelques minutes, pour notre « confort » occidental, cet évènement insignifiant
Quand d’autres ont ouragan, tsunami, …, la Syrie, …, et Beyrouth et les suivants
Là, les minutes sont longues, qui s’allongent et transmettront les traumas aux générations suivantes
Mis à mort, mis à sang, mis à l’eau, mis dehors, dans une errance aberrante
Sacrifiés

Et qu’il faut autant parler, encore et encore et donner leçons avant d’agir

Nos cerveaux implosent, nous perdons la vue, comme une servitude : volontaire
A regarder les mêmes séries déprogrammant de l’idée même du chemin de traverse envahi par la poussée de technologies invasives

Rallumons quelque lumière éteinte depuis, bon, depuis quelques temps déjà

Oui, Paul, tous surveillés, et on en redemande

Merci de ce retour

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