1 novembre 2008
Festival du bois à Saint-Galmier
Posté par Paul dans la catégorie : au jour le jour...; Feuilles vertes .
Décidément, la journée d’hier a été riche en enseignements, le premier étant que lorsqu’on se lève d’un pas branlant (cf chronique « autocensure »), mieux vaut détourner la tête de la ligne bleue des Vosges et se fixer sur une activité que l’on apprécie. Le dernier c’est que la musique adoucit les mœurs, mais ceci est une histoire que je vous conterai plus tard ! Hier matin, donc, nous sommes partis au « festival du bois » dans la petite ville de Saint Galmier, dans la Loire, non loin de St Etienne. Le nom de cette charmante petite bourgade ne vous dit probablement rien, c’est pourtant l’endroit où l’on met en bouteilles la célébrissime (et néanmoins imbuvable à mon goût) eau minérale Badoit. Je vous rassure tout de suite, je n’avais nul chagrin à noyer, et, dans le cas contraire, ce n’est probablement pas ce breuvage que j’aurais choisi ! Dans notre région, il y a deux manifestations intéressantes pour les amateurs de bois : le salon « Bois passion » qui a lieu tous les deux ans, au printemps, dans la bonne ville de Grenoble, et le « festival du bois qui pétille » à Saint Galmier, à l’automne, tous les deux ans aussi, en alternance. L’ambiance des deux manifestations est totalement différente : « Bois passion » c’est un salon plutôt traditionnel avec de nombreux exposants et pas mal d’amateurs tournant autour des stands avec des regards de convoitise ; à Saint Galmier, ce sont surtout les amateurs « bricoleurs » et les artisans qui sont à la fête car un vaste espace est réservé aux démonstrations et un autre à une exposition de réalisations vraiment exceptionnelles.
Après avoir arrêté pendant longtemps le travail du bois, je m’y remets peu à peu. Je m’approche des machines à pas de loup ; je tourne les commutateurs ; une petite coupe par ci ; quelques petits copeaux par là… Après avoir bricolé avec acharnement pendant quelques années, je me suis arrêté pour raisons professionnelles, mais aussi parce que passionné par beaucoup de choses, je n’avais plus le temps de me consacrer avec sérieux à la réalisation de meubles. Je reviens peu à peu au bois « technique », mais je suis aussi de plus en plus sensible au charme des arbres et à la poésie des forêts. Collectionneur dans l’âme, ce retour aux sources se caractérise par une envie irrésistible d’accumuler divers échantillons de bois que je découpe, rabote et ponce avec amour : essences diverses pour comparer les dessins, mais aussi formes curieuses que je commence à entasser sur des étagères. Je me suis aperçu à Saint Galmier que je n’étais pas le seul à avoir cette manie des échantillons. Nous avons pu admirer toutes sortes de présentations de collections d’essences de bois. L’un fabrique des camions originaux : autant de semi-remorques que de bois d’œuvres différents ; l’autre réalise un calendrier celtique en sculptant ses arbres dans le bois correspondant… Il y a bien sûr les traditionnels alignements de plaquettes dans des coffrets ou les silhouettes d’arbres amoureusement découpées : le frêne dans du bois de frêne, le micocoulier dans du bois de micocoulier… Je croyais connaître toutes les essences indigènes de notre vieux continent : eh bien non ! J’ai appris l’existence d’un arbuste de garrigue, nommé Phyllirea (Filaria), dont je n’avais jamais entendu parler.
Du côté des « démonstrations », les tourneurs sont à la fête. Ils sont au moins une vingtaine, dans une grande salle, venus des quatre coins de France. Les moteurs vrombissent et les copeaux giclent dans toutes les directions : pieds de lampes, bols, assiettes… mais aussi créations artistiques aux formes surprenantes, ou véritables prouesses techniques (genre escalier en miniature, de forme spiralée, d’une cinquantaine de centimètres de hauteur, avec des marches rondes de quelques millimètres de diamètre, entièrement réalisé au tour). Je remarque au passage que ce sont uniquement des hommes qui travaillent sur les tours à bois et j’avoue être un peu surpris par ce phénomène. Il y a beaucoup moins de sculpteurs, mais les objets exposés ou bien les bas reliefs en cours de réalisation s’avèrent splendides. Beaucoup d’humour sur certains stands (cf la photo du « loup qui sort du bois, une sculpture faisant partie de la série « bizarnimaux » de Yves Perrin) mais aussi de poésie (photo de la forêt sculptée). Dernière discipline artistique présentée : la marquetterie. Là aussi les réalisations sont splendides et témoignent d’un niveau de compétence extraordinaire de la part des artisans qui les présentent. Mon seul regret c’est la nature des modèles qui sont souvent choisis en marquetterie : ils sont souvent d’un classicisme ou d’un conventionnel un peu désolant.
Dans la salle des exposants de matériel, un musée de l’outillage présentait un échantillonnage remarquable de ciseaux, gouges, rabots et autres varlopes. J’ai encore une fois louché sur le stand de ce fabricant allemand réputé de scies à chantourner : vous savez, ces scies à lames très fines, permettant de découper des pièces minuscules pour fabriquer du mobilier de poupée, des puzzles ou des lettres de l’alphabet (je me demande bien pourquoi je m’intéresse à ça !). Mais j’ai été raisonnable, non pas pour des raisons budgétaires mais pour des questions de temps. Je découvre avec tristesse que les journées ne sont pas extensibles. Il est fort probable qu’au printemps, à Grenoble, je ferai encore une longue station devant ce comptoir ! Il faut dire aussi que nous avons abrégé notre visite. Il nous fallait encore passer à Lyon, avant de rentrer au bercail… Passer à Lyon, car une autre surprise m’attendait… Eh oui, chère Clopine, pour moi aussi un heureux évènement s’est produit. Mais chut ! Il faut attendre encore 5 jours pour en parler ! En tout cas, j’étais de tellement bonne humeur que je n’ai même pas râlé dans les kilomètres de bouchons que nous avons dû supporter pour passer dans la capitale des Gaules… C’est dire !
NDLR : photos maison bien entendu. Les camions sont l’œuvre de François Portmann. Vous pouvez avoir la liste des participants ainsi que celle des animations proposées à cette adresse : http://www.saint-galmier.fr/img/manifestations/programme%20envoi%20mail.pdf
One Comment so far...
Lavande Says:
1 novembre 2008 at 14:36.
C’est le camion de Raymond Devos, coincé dans un sens giratoire dont toutes les issues sont des sens interdits!



