5 novembre 2008

Tu nous joues un air… d’accord Léon ?

Posté par Paul dans la catégorie : au jour le jour... .

J’en ai rêvé longtemps ; ma petite famille l’a fait et, aujourd’hui, jour J, j’ai enfin le droit d’en parler ! Vous vous souvenez peut-être : dans mon avant-dernière chronique, je racontais qu’en partant du festival du bois de Saint Galmier, nous avions fait le détour par Lyon… Je peux maintenant préciser notre destination : un magasin de musique, un peu vieillot mais fort sympathique, situé sur le plateau de la Croix Rousse où nous avons fait l’acquisition d’un superbe accordéon diatonique, de marque Maugein, fabrication française comme il se doit. Ce cadeau là, je ne l’ai pas rangé dans le célébrissime placard de ma mémé. Depuis quelques jours, il trône sur mon bureau et, chaque fois que j’ai une minute de libre, j’enfile les bretelles, je place maladroitement les mains à peu près au bon endroit, et, pousse que je tire, j’en sors une série de notes et d’accords, parfois grinçants, parfois (rarement) harmonieux, mais excellents pour mon moral.

Je connais le B A BA de la musique et j’ai une (lointaine) formation de pianiste. J’ai ensuite pratiqué un peu la flûte et le violon… Mais là, je dois vous avouer que mes neurones souffrent car pour moi, quand on veut changer de note, on doit bouger ses doigts sur le clavier. Là ce n’est pas le cas : la même touche enfoncée peut produire deux sons différents selon que l’on tire, « pchhhhhh…. ! », ou que l’on pousse, « pffffff….! » Alors c’est la galère ! Le mi attendu devient un ré ou un fa et cent fois, sur l’ouvrage, il me faut tout reprendre à zéro. En plus, voilà ti pas que la main gauche a un jeu différent de celui de la main droite ! Je vous jure ! Enfin… ça grince, ça siffle, ça éternue, mais ça avance, comme les bonnes vieilles locomotives à vapeur que j’ai tant de plaisir à voir manœuvrer. Si je vous dis qu’en plus mon instrument est en bois, et pas n’importe quel bois puisqu’il s’agit d’un joli noyer bien veiné, vous comprendrez que mon bonheur est total…

J’ai hésité un temps à ressortir le violon, pour assouvir mes envies de musique, puis j’ai décidé que, si je me remettais à jouer, ce serait l’accordéon. Il faut dire que j’adore en particulier la musique traditionnelle, en particulier le folk celtique (qu’il soit gaélique, gallicien ou irlandais) ou le folk québecois, et que, si l’on ne craque pas pour le violon, il ne reste guère que l’accordéon, la vielle ou la famille des cornemuses. La vielle en solo, hors d’un orchestre, je trouve ça un peu tristounet… La cornemuse, vu ma capacité pulmonaire, j’aurais certainement besoin du renfort d’un compresseur… Le violon c’est un peu trop sportif à mon goût et dur à supporter pour le voisinage au début… Va pour l’accordéon diatonique, le petit, le tout mignon, celui qu’on utilise dans les bals (mais pas les baloches) et qui accompagne si bien la voix lorsqu’on interprète une complainte ou une chanson à boire…

Peut-être ne savez-vous pas la différence qu’il y a entre l’accordéon diatonique et le chromatique ? A l’œil c’est principalement la taille et le nombre de boutons sur les deux claviers. La gamme du diatonique est réduite (moins de notes, en particulier moins d’altérations – dièses, bémols) et une richesse harmonique moindre, ce qui lui donne un charme certain et une couleur sonore bien particulière. Le diatonique est surtout utilisé dans la musique populaire traditionnelle, alors que son « grand frère » traîne dans les bals musette et les guinguettes d’ici et d’ailleurs. En fait, la famille de l’accordéon est bien plus vaste que cela, puisque l’on y trouve aussi le mélodéon, le bandonéon, l’harmonéon et le concertina. Né en Autriche le 6 mai 1829 (c’est un jeunot, ses ancêtres n’ont même pas deux siècles !), il est parti rapidement à la conquête des quatre coins du monde, accompagnant bien souvent les marins dans leurs voyages. Ce sont par exemple les Allemands qui l’ont importé en Argentine : l’un des membres influents de la famille, le bandonéon, a été ainsi très vite associé aux sonorités bien particulières du tango… Ce « dérapage » culturel m’ayant épuisé, je crois bien que je vais retourner faire une petite sieste, à moins que…

Au fait ! Tu nous joues un petit air sympa ? D’accord Léon ? Euh… je crois que c’est un peu prématuré, et puis, mon petit nom à moi, c’est pas Léon, c’est Paul !

6 Comments so far...

fred Says:

5 novembre 2008 at 14:34.

non pitié ! pas ça ! l’accordéon me rappelle trop certains samedi après midi de mon enfance passé à m’ennuyer sur le canapé familial devant les émissions consacrées à cet instrument !
Je fais encore quelques cauchemars en pensant à Aimable, Verschuren et autre Yvette Horner !
Et leurs atroces sourires figés pendant qu’ils enchaînent musette sur musette !!!
Ne me dites pas que le Grand ZIHOU va se YvetteHorneriser ! non ! pas ça ! Pitié !
Quoique .. la petite jupette fluo devrait bien t’aller !

Paul Says:

5 novembre 2008 at 15:00.

Il faut faire attention aux clichés et on peut aimer l’accordéon sans être attiré du tout par le flonflon à la Yvette Horner. Moi je parle d’accordéon folk traditionnel. Faudra que je te fasse écouter deux trois bons morceaux irlandais ou québecois, pour guérir tes préjugés !

Lavande Says:

5 novembre 2008 at 19:15.

Alors aujourd’hui tu nous joues à la fois « happy birthday to me » et « the star spangled banner »?

Paul Says:

5 novembre 2008 at 19:31.

Yes, y’a un peu de ça… L’élection d’un nouveau président aux USA le jour de son anniversaire c’est un peu class’ effectivement !

fred Says:

6 novembre 2008 at 10:08.

J’espère que tu ne vas pas te lancer dans ce genre là : http://www.taulard.net/video/id/903

LePtitLu Says:

7 novembre 2008 at 20:21.

On te voit bientôt dans un atelier du Folk des Terres Froides ?

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