25 novembre 2008

Parti Socialiste : cotation suspendue à la bourse de Paris

Posté par Paul dans la catégorie : Le clairon de l'utopie; Vive la Politique .

D’un côté ça ne m’affecte guère car il y a belle lurette (comme dirait un célèbre conteur québécois) que j’ai passé notre illustrissime PS au chapitre comptable des pertes et profits, colonne des pertes bien entendu, de l’évolution du courant socialiste dans notre pays. Rien à faire donc des pitreries de cette collection de clowns qui, à chaque échéance électorale, rôdent autour du trône, espérant, au moins, poser leur postérieur sur le tabouret de courtisan(e) en chef. Mais ça me turlupine quand même car, dans ce parti, comme dans d’autres mouvements politiques ou syndicaux donnant une piètre image de leur fonctionnement, il y a des militants « de base » qui sont des gens honnêtes et surtout profondément croyants (il faut l’être pour supporter l’évolution de la ligne politique d’un courant « socialiste » qui ne fait que dégénérer depuis un siècle), pour lesquels j’ai un profond respect. Je tiens donc à préciser que lorsque je critique tel ou tel parti, tel ou tel syndicat (la CGT par exemple et au hasard), ce n’est généralement pas à la base du mouvement que je m’en prends mais à son « appareil » c’est-à-dire à ses dirigeants et à la façon parfois profondément perverse dont ils font semblant de représenter la pensée du colleur d’affiche dévoué responsable de leur promotion.

Le PS, en France (je ne cause ni des travaillistes anglais ni des sociaux démocrates allemands qui n’ont, pour moi, plus aucun rapport avec la « Gôche ») me fait penser un peu à la Camif et à sa récente évolution… On embauche des cadres dynamiques issus de la concurrence ; on traite avec un mépris de plus en plus grand les principes de base sur lesquels la coopérative (le parti) s’est constitué(e) ; on continue à tenir un discours complètement surréaliste sur le comportement responsable (ou citoyen ou populaire) que l’on a soi-disant adopté – discours qui finit par paraître grotesque tellement il est en décalage avec la réalité ; on « ratisse » de plus en plus large au niveau des produits proposés (ou des idées énoncées) de façon à piquer une partie de la clientèle au concurrent classique (ou droitier selon les cas) ; et c’est la catastrophe… Fuite de la clientèle originelle, récupération très limitée de nouveaux adhérents, fermeture et licenciements pour l’une, mépris profond et désaffection populaire pour l’autre. Je comprends que certains militants du PS, dégoûtés par le spectacle pitoyable du combat des chefs, préfèrent prendre le large et respirer ailleurs. Je regrette simplement que ce soit le spectacle médiatique donné par leur parti, et non le contenu idéologique de plus en plus nauséabond ou de plus en plus creux, qui les fasse fuir. Je ne sais pas si le film lamentable auquel ils viennent d’assister leur servira de leçon et s’ils seront capables de bâtir autre chose. J’ai des doutes car l’empreinte laissée par le moule est bien souvent durable !

De la même manière, certains sociétaires de la défunte « coopérative » des enseignants, ont fini par ne plus répondre « présent », lorsqu’ils se sont aperçus que cette entreprise ne se rappelait de leur existence que pour leur demander du fric en emballant la situation désastreuse dans un discours ronflant : comportement responsable, écologique et patati, et patata, rien à voir avec la « vilaine » concurrence (au diable les Conforama et autres Ikea, alors qu’on fait exactement la même chose). Oser tenir un discours responsable sur le développement durable en proposant dans son catalogue une sélection d’articles de plus en plus coûteux, superflus et énergivore, vous conviendrez que cela ressemble fort au discours d’un parti qui se dit « socialiste » et joue à la surenchère pour vanter les mérites du libéralisme économique (le plus comique étant quand on fait cela quelques mois avant le déclenchement d’une crise économique dont nous n’avons pas fini d’entendre parler). Le même parti « socialiste » ne sait même plus sur quel pied danser pour dénoncer les réformes ravageuses de notre nouveau Napoléon : absent du débat sur l’immigration, absent lorsque la police de Mr Hortefeux expulse, matraque ou enferme les malheureux « sans-papiers », absent lorsque la clique à Dark Vados joue à qui renversera le plus de quilles dans le « bowling de l’éducation », absent lorsqu’il s’agit de contrecarrer les projets énergétiques du lobby nucléaire… Pitoyable ! Beaucoup trop occupé par son congrès pour réagir lorsque la « justice » condamne une association de défense des mal logés à une amende exorbitante… Une politique d’opposition réduite à quelques aboiements de roquets lorsque Monsieur le Président arbore des montres un peu trop chères ou augmente, à tire-larigot, ses émoluments ou le budget du palais impérial. On vocifère un peu lorsque se mettent en place des réformes que l’on a soi-même élaborées il y a un temps (cf le sabotage des retraites…) et l’on retourne dans sa niche pour essayer de piquer l’os de son voisin.

Ils ne comprendront jamais, ces politiciens minables, que leur avenir se joue à gauche, dans la direction où partent les militants conscients qui les abandonnent à leur jeu de pouvoir. Ce n’est pas en jouant le jeu dangereux Sarkozy -Le Pen qu’ils trouveront de nouveaux électeurs. Ceux qui ont voté à droite pour marquer leur soutien à des idées extrémistes, n’auront jamais confiance dans la gauche « vaseline » pour mener avec une poigne de fer la politique qu’ils attendent. Quant à ceux qui ont voté à droite par dépit, ce n’est pas un discours droitier qui les écartera de la surenchère populiste de l’UMP. Ce qu’ils veulent c’est un « programme » de gouvernement qui prenne en compte réellement leurs problèmes quotidiens. Je dis ça, mais, dans le fond, je sais bien que je perds mon temps : il n’y a plus rien à espérer d’un parti dont les fondamentaux sont maintenant complètement pourris ou dont les cadres, issus des mêmes écoles supérieures que leurs concurrents « de droite », ignorent totalement la façon dont vivent les gens des classes populaires. Ce parti est rentré à fond dans le jeu de la politique spectacle, du « one man or woman show ». Il y a un temps où il n’est plus utile de soigner un arbre malade : il vaut mieux l’abattre et brûler son bois pour qu’il ne contamine pas ses voisins. C’est une problématique bien connue des arboriculteurs. Il y a simplement une règle de prudence à respecter : si l’on ne veut pas manquer de fruits, il faut parallèlement, et surtout préventivement, avoir pensé à replanter de jeunes arbrisseaux vigoureux. C’est à mon avis ce qui ne s’est pas passé dans le paysage politique français et que nous allons payer fort cher. Le « miroir aux alouettes », nommé PS, ayant piégé de nombreux militants, notamment en période de spectacle électoral, une énergie considérable a été dépensée par certains pour essayer de redonner vie à un cadavre idéologique ambulant.

Le seul espoir qui nous reste c’est que suffisamment de bonnes volontés se regroupent et se décident à construire un mouvement sur des bases de fonctionnement nouvelles, garantissant le fait que ne se mette pas en place une élite politicarde de dirigeants. L’unique souci de ces gens-là devient en effet, au bout de quelques années de fonctionnement, le maintien de leurs fesses douillettes dans les sièges confortables du pouvoir. Ce n’est donc pas un PCF « réformé », une Ligue Communiste « repeinte » ou un parti vert « fourre-tout » qu’il nous faut, pas plus qu’un énième parti constitué par Mr Mélenchon et ses potes. Il nous faut une structure radicalement nouvelle fonctionnant avec des règles à l’opposé de celles que nous avons connues jusqu’à présent dans la majorité des partis : un mouvement dans lequel le militant de base, le « tracteur-colleur-recruteur », sera l’élément fondamental ; un mouvement dans lequel il n’y aura plus de « permanents à vie » mais des personnes élues sur un mandat précis, pour une durée limitée, responsables directement devant leurs électeurs et révocables dans des délais très brefs ; un mouvement dans lequel les décisions seront prises, le plus souvent possible, au consensus plutôt qu’à la majorité ; un mouvement dont la finalité ne sera pas d’obtenir un score honorable aux prochaines échéances électorales mais de faire avancer de façon profonde et durable le changement de mentalité et le changement de société auquel beaucoup d’entre nous aspire toujours mais sans grandes illusions ! Comme le disait l’un de nos illustres grands anciens : la fin ne justifie pas les moyens mais les moyens utilisés préfigurent la fin. Vive l’utopie !

D’ici là, je crains que nous ne traversions de nouvelles années de plomb et que le comportement erratique de la « Gôche » ne nous coûte fort cher : le fascisme frétille à nouveau de la queue ; Mussolini redevient une « star » de l’autre côté des Alpes, et les slogans populistes font de plus en plus recette dans nos démocraties usées. On envoie les chiens policiers traquer la drogue dans les classes de nos lycées ; on jette en prison des gens pour délit de lectures « malsaines » ; on expulse des êtres humains que l’on traite comme des balles de ping pong ; les files de chômage s’allongent ; la crise a bon dos…

NDLR : à propos de crise, un (et puis non, deux) liens pour avoir une petite idée de ses répercussions dans l’économie française. Deux cartes très bien faites
carte n°1 (Rue89)
carte n°2 (Mediapart)

One Comment so far...

fred Says:

25 novembre 2008 at 14:22.

Petite précision, le « nouveau » parti de Mélanchon s’appelle le P.D.G ! (Parti de la Gauche)
C’est quand même un sacré blagueur celui là !
Cela dit, la situation actuelle du PS est triste à pleurer !
Quel choix reste t’il au peuple de gauche ? partir vers Besancenot ou rallier Bayrou ?
Glaaarg !

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