1 mai 2016

Y’avait pas une histoire de fil en Avril ?

Posté par Paul dans la catégorie : au jour le jour... .

perdre le filBon en tout cas le mien de fil je l’ai un peu perdu, mais heureusement, je ne suis pas en découvert. Le fil de l’actualité, je le suis de près, presque autant que celui de la météo. Mais je dois bien avouer que la révolution la nuit, c’est pas mon truc. Passé 22 h, je ne risque pas de tenir debout  longtemps. Faut dire qu’à cette heure là, ça fait déjà une bonne quinzaine d’heures que je m’agite. Entre ce qui pousse et ce qui ne pousse pas, ce qui craint le gel et ce qui craint le chaud, ce qui aime l’eau et ce qui ne l’aime pas, j’ai fort à faire au jardin. Non que je me désintéresse des convulsions qui secouent notre société vieillissante, mais les manifs et les courses poursuites avec des CRS aux trousses qui ne cherchent qu’à casser, j’ai un peu passé l’âge. Je constate simplement que, de gauche comme de droite, les méthodes du pouvoir n’évoluent guère. Les forces dites de l’ordre sont là uniquement pour créer des tensions meurtrières. Depuis Gènes, Malville et quelques autres rencontres sportives genre Sivens, tous les gouvernements savent bien que la peur constitue un frein à la mobilisation. Les préfets jouent donc allègrement avec le feu : provocations, embuscades, encerclements, mensonges… Comme le fait remarquer un militant syndical ex-Continental, on réprime sauvagement les manifs lycéennes ou étudiantes. Face aux jeunes, la seule réponse des vieux qui gouvernent, c’est la trique. Les effectifs policiers mis en œuvre n’ont rien à voir avec ceux qui sont mobilisés face aux métallos et surtout face aux agriculteurs. Flash-balls, tasers, grenades assourdissantes… tout est bon pour casser du manifestant et tant pis s’il y a quelques estropiés. Je constate, effaré, que perdre un œil dans une manifestation tend à devenir une banalité, alors qu’il fut une époque (la mienne) où l’on mobilisait des milliers de manifestants pour dénoncer de telles pratiques.

ppre  J’espère que le mouvement actuel va déboucher sur quelque chose de vraiment intéressant. Le débat d’idées est passionnant – quoique parfois redondant (c’est pour la rime) mais ne peut suffire. Si l’on veut vraiment avancer il va falloir parvenir à un niveau supérieur de blocage de la société et surtout embrayer sur un démarrage économique sous d’autres formes que l’exploitation salariale actuelle. Le challenge est difficile, mais chaque pas en avant, chaque expérience acquise sont précieux et méritent toute notre attention. Facile à dire quand on se contente, comme moi, de suivre les infos alternatives (les médias dominants jouent parfaitement leur rôle de témoins tour à tout muets ou « consternés » par la violence qui émane de quelques « émeutiers sanguinaires » !). Il faut dire aussi que pour un passionné de jardin, la météo du mois d’avril n’a pas été facile non plus : de l’eau jusqu’à plus soif, du froid quand on n’en voulait pas et des coups de chaleur à faire transpirer un alligator à l’ombre d’un nénuphar. Il y a donc eu plusieurs petits matins chagrins où l’on a surveillé le thermomètre. Caly, ma compagne de galère (toujours en première ligne pour les missions dangereuses) s’est mise debout non pas pour bouter un philosophe merdique hors d’une quelconque place de la République, mais pour aller mettre en route un système de chauffe énergivore mais fort apprécié des plants frileux. Au grand dam d’un copain dont je protégerai l’anonymat : « quelles conneries ne ferait-on pas pour sauvegarder de vulgaires courgettes ». D’un autre côté, faudra bien mettre des carottes dans les assiettes le lendemain du Grand Soir (surtout dans celles des végétariens sinon ils vont déserter les premières lignes de combat).

tombstone-159792_960_720 Bon, il est vrai que chaque jardinier sensé est au courant de la situation ; il n’y a pas que ma grand-mère lituanienne qui disait « qu’en Avril, patati et patata et patin couffin ». Je ne reproduis pas le dicton sous sa forme intégrale sinon cela va encore multiplier le nombre de spams dans les commentaires du blog. Notez que les spammeurs cette fois je ne les critique pas trop parce que s’ils n’étaient pas là pour promouvoir le Viagra ou les placements financiers aux îles Caïman, la courbe de fréquentation de ce blog pendant ce mois pourri de congés et de grèves serait passée dans la zone négative. Vu la chute du nombre de visiteurs ce mois-ci, je dois en conclure au moins trois choses :
– un, mes visiteurs sont essentiellement des scolaires – tant mieux si l’on fait des recherches sur Emma Goldman à douze ans, moi, à cet âge là, je lisais le Club des cinq demeurés. On devrait interdire les vacances de « printemps ».
– deux, la quasi-totalité de mon lectorat est occupé à lancer des pavés sur le troupeau de brebis bleu marine pro-FN de Cazeneuve – ça serait le rêve mais je n’y crois pas trop. On devrait mettre un terme au pavage des rues.
– trois, mon délire verbal et la structuration encyclopédico-bordellique de ce blog, décourage les lectrices et les lecteurs les plus consciencieux – je comprends que les naturalistes passionnés d’érables aient du mal à s’intéresser à la vie d’Albert Meltzer. On devrait rendre obligatoire la lecture de la « Feuille Charbinoise » dans les maisons de retraite et dans les clubs de supporters à Mélenchon.

liberty-equality-solidarity Alors le fil se rompt et j’ai tendance à moins écrire quand je suis moins lu et moins commenté. C’est – paraît-il – une histoire de boîte de Légo surdimensionnée, à moins que ce ne soit un lézard qui se morde la queue. Alors que sera l’avenir, je n’en sais rien, et vous non plus. Vais-je clarifier la ligne idéologique de ce blog ainsi que me le conseille un commissaire du peuple et me contenter de vendre des cartes pour le nouveau parti que je ne manquerai pas de créer quand j’aurai passé les 70 ans ou que j’aurai vraiment besoin d’argent ? La politique est une affaire sérieuse, rien à voir avec la production des poireaux. A l’heure où l’on voit des complots et du confusionnisme partout, il ne faudrait pas que l’on croie dans les milieux libertaires autorisés que je suis récupéré par dieu sait qui… Je récupère beaucoup, mais dans le fond je pense que je suis irrécupérable… Vais-je me contenter alors de conter les aventures de Merlin l’enchanteur et oublier les Kurdes ? Heureusement qu’en Mai on fait ce qu’on… (et qu’on fait aussi le con) !

Ecrit après l’écrit : dis-donc Papy, tu fatigues ? Elle fait pas la longueur habituelle ta chronique ! On va désormais compter les lecteurs à la moitié, ça en fera le double. Non mais. Et au fait, merci à « la Belette » pour le dessin n°2.
Pour prolonger cette réflexion fort brève, sur les casseurs de la préfecture on peut se reporter à l’article « la fabrique de la violence » sur les blogs mediapart. Il est pertinent sur beaucoup de points.

4 Comments so far...

L'Étrusque Says:

3 mai 2016 at 09:41.

L’important ne serait-ce point non pas le nombre de lectures mais la qualité des lecteurs ? Hmmm ?
Oups… Ce n’est pas très « démocratique » ça…
Finalement peut-être un peu quand même…

Paul Says:

3 mai 2016 at 16:39.

@ L’étrusque – Heureusement effectivement qu’il reste les meilleur(e)s. Bon je vais continuer à faire quelques efforts pour les conserver…

Phiphi Says:

4 mai 2016 at 12:53.

Ne crois pas une seconde que l’on va te laisser tomber, Paul
Ce n’est pas parce que certains (je plaide coupable) ne s’exprime pas qu’ils ne te lisent pas avec plaisir 😉

Paul Says:

4 mai 2016 at 13:11.

@Phiphi – Ce n’est pas tellement l’absence de coms qui me perturbe mais la baisse de fréquentation. Ce qui m’amuse c’est la corrélation non pas avec la météo mais avec les vacances scolaires !

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