31 août 2009

Bric à blog d’août avec sa petite lichée de lectures philosophiques

Posté par Paul dans la catégorie : Bric à blog .

croisee-des-chemins Le ralentissement très net sur l’activité des blogs que j’ai l’habitude de fréquenter de façon régulière, m’a poussé à me promener un peu plus sur la toile et m’a permis de faire de nouvelles et sympathiques découvertes. L’usage consistant, sur chaque blog pratiquement, à publier une liste de liens de sites « amis » favorise ces errances et cette pratique du butinage. Cet aspect « toile d’araignée » ou labyrinthe a un côté fort plaisant et j’aime bondir ainsi d’adresse en adresse. Ce cheminement touristique est parfois plus que surprenant : on quitte un hôte traitant essentiellement de politique et, après quelques haltes diverses, on se retrouve dans une auberge gastronomique ou dans un atelier proposant des activités type « crochet » ou « tapisserie d’Aubusson ». La médaille comporte cependant un revers, lorsque l’on découvre que certains liens figurant dans les « listes de favoris » aboutissent à des sites fort peu recommandables à mes yeux. Cela s’est produit pourtant sur des blogs que j’apprécie beaucoup et je reconnais avoir été ébranlé lorsque de saut de puce en saut de puce j’ai fini par me retrouver sur des sites « franchouillards » assez nauséabonds et peinant à dissimuler leurs liens avec l’extrême droite populiste. Ce sont souvent des blogs littéraires ou généralistes sur lesquels on a ce genre de surprise. Que l’on s’affiche « apolitique », soit, bien que j’aie des doutes. Qu’on ne laisse apparaître ses opinions qu’à travers les liens que l’on propose, alors là ça me dérange carrément, surtout si les prises de position que je découvre indirectement me hérissent le poil !  Résultat de ces quelques expériences peu plaisantes, cette mise au point préliminaire que j’estime indispensable : lorsque je vous recommande la lecture d’un blog, ce conseil n’englobe absolument pas les liens proposés par l’auteur(e), mais uniquement le contenu affiché directement. Ce mois-ci d’ailleurs, je vous propose des références à des textes précis, manière d’entrouvrir une porte sur des blogs dont le contenu est fort intéressant et risque de vous occuper quelques bonnes heures ! Ma moisson est importante et je crois que je vais devoir procéder à quelques choix, histoire de ne pas faire dans le « roman fleuve ». Tant mieux pour moi, j’aurai déjà des pistes pour le prochain « bric à blog » ! Pour une fois un relatif souci de cohérence va présider à ma sélection…

bonhomme-soleil Difficile de mettre de l’ordre dans la petite collection de « timbres » que j’ai rassemblée. Je ne sais plus comment, par exemple, je suis arrivé sur un texte intitulé « Jouvence » sur un blog judicieusement nommé « Indiscipline intellectuelle« . Je l’ai lu et relu à plusieurs reprises et la façon dont l’auteur aborde la problématique du vieillissement m’a bien interpelé. La relation que l’on entretient avec son âge, avec les autres, et l’âge des autres est un thème qui m’intéresse et sur lequel je reviendrai. Dans son billet, Thierry Groussin, « patron de l’établissement », insiste sur l’importance, dans la lutte contre le vieillissement, du tissu relationnel, et montre à quel point la cessation d’activités peut constituer une période délicate dans la vie, à cause du tournant qu’elle marque dans le réseau social de l’individu : « La cessation des activités professionnelles est un cap critique, surtout si elle s’accompagne, comme c’est souvent le cas, d’une migration géographique. La pesanteur naturelle peut incliner au repliement sur soi ou sur le couple. Peu à peu, les sujets d’intérêt se réduisent et même le vocabulaire qu’on utilise. On en vient à tourner en rond autour des courses quotidiennes – auxquelles monsieur accompagne madame en grognant –, des repas qu’on prend de plus en plus tôt, des problèmes de santé et de quelques routines qui se grippent peu à peu. » L’une des solutions pour éviter cet écueil : élargir son réseau social, en particulier avec des plus jeunes, de façon à conserver une ouverture sur les problèmes réels du monde et leur possible résolution. L’élixir de jouvence préconisé par l’auteur comporte plus de composantes relationnelles que d’exercices de gymnastique du corps et de l’esprit. Ceux-ci sont insuffisants pour ne pas se replier dans sa tour d’ivoire et faire partie des légions de vieux ronchons conservateurs, dont le regard ne se promène plus qu’entre l’écran du téléviseur et le grillage entourant la villa… Je crois que l’une des raisons qui me fait trouver particulièrement lucide l’analyse de Thierry Groussin, c’est que j’espère bien avoir réussi à échapper à la majorité des travers qu’il signale. Rassurant à mes yeux ! A part ça, beaucoup d’autres textes intéressants dans « Indiscipline intellectuelle », tel « Le progrès, c’est quoi ? » proposé à la lecture le 25 août dernier. Bref beaucoup de matière à réfléchir et à discuter. Dans la liste de sites et blogs recommandés par Thierry Groussin, je n’en connais qu’un, celui de Paul Jorion, fort intéressant par ailleurs. Que de voyages en perspective !

statue Puisque je vous ai « branchés » sur des sujets sérieux, je vous propose de continuer l’excursion en lisant « Petite annonce : cherche un dieu » sur l’excellent site intitulé « Humeurs de Jean Dornac ». Ce texte est extrait du « guide oriental de savoir-vivre ou comment vivre sur cette planète » rédigé par Jawdat Marrash. Il commence par quatre questions concernant les religions (dans leur ensemble), quatre questions fondamentales auxquelles l’écrivain répond par un « non » magistral, avant d’expliquer le pourquoi de son choix un peu plus en détail. Dans un second temps, il propose que le poste de « dieu » soit pourvu par un nouveau candidat qui devrait répondre à un certain nombre d’exigences adaptées à la demande des peuples… Je vous propose un bref extrait des conditions requises :
« [Ce nouveau Dieu] doit être l’ennemi de la désespérance, de la rigidité, il lui faut nous libérer des chaînes de nos inhibitions, compatir à nos imperfections, nous aider à les admettre.
Il doit rester jeune et refleurir comme le printemps.
Il doit éclairer notre lanterne, plutôt que nous éblouir. Nous ne sommes que de pauvres chauffards sur l’autoroute de l’existence et des phares en face nous éblouiraient.
Nous demandons au Dieu candidat d’expliquer ce qui se passe dans cette vie, et non dans une autre.
Nous le voulons physicien plutôt que métaphysicien, afin qu’il garde les pieds sur terre.
Nous voulons qu’il nous ramène au pied de l’arbre de la connaissance et nous laisse nous rassasier de ses fruits. [ … ] »

Je vous laisse le plaisir de découvrir la suite… On ne sait jamais : peut-être présentez-vous quelques aptitudes à la fonction ? Tout cela me fait penser aux « douze preuves de l’inexistence de Dieu » que la CNT espagnole distrbuait à tout va au moment de la Révolution de 36 !
Beaucoup d’autres textes passionnants à découvrir sur le blog de Jean Dornac qui est l’un des fondateurs du site d’information « Altermonde sans frontières » dont la lecture quotidienne est l’une de mes sources d’inspiration. Jean accorde par ailleurs une large place à la poésie et propose de nombreux textes traduits de l’espagnol, en particulier sur la situation politique en Amérique du Sud. Compte-tenu du volume publié quotidiennement et de la rigueur qui préside à la sélection des textes (rigueur ne voulant pas du tout signifier étroitesse !), je pense qu’il est indispensable d’ajouter ce lien à votre propre liste de sites à visiter régulièrement.

promenade-du-canard Très intéressant aussi le texte « Propriété : priver » publié sur « Asharam de Swâmi Petaramesh« . Il semble d’ailleurs que ce soit le dernier écrit en ligne, bien qu’il ait été posté le 4 août. Décidément, les blogueurs raffolent des vacances (à moins que ce ne soient les vacanciers qui découragent les blogueurs !). Après avoir débuté avec la gestion du vieillissement, puis le remplacement des dieux actuels peu adaptés aux besoins de l’humanité, on enchaine avec une réflexion approfondie sur la propriété qui débute en ces termes :
« Le principe fondateur de toute propriété n’est pas de posséder quelque chose, mais de priver autrui de son usage. La manière la plus absolue d’être propriétaire d’une chose, c’est de la détruire, assurant ainsi l’impossibilité définitive que quiconque d’autre puisse en jouir. On ne possède absolument que ce que l’on détruit… »
Voilà, vous êtes dans l’ambiance. Ça continue dans cette direction là et l’argumentaire développé ne manque pas d’intérêt ! Pierre Joseph Proudhon, lecteur régulier de mon blog, serait sans doute intrigué par le contenu de cette étude puisqu’il s’agit d’un problème sur lequel il a déjà longuement cogité ! On passe du crime passionnel, que l’on peut rebaptiser selon l’auteur « crime possessionnel », à une réflexion sur la durabilité des objets, et le côté singulier qu’il y a à posséder des objets dont la durée de vie sera certainement plus longue que la nôtre. C’est clair, bien écrit, et suffisamment percutant pour ouvrir la porte à de nombreux débats !
De la consommation à l’écologie il n’y a qu’un pas et je vous propose d’aller explorer le blog de Fabrice Nicolino. Là aussi vous découvrirez une mine de textes passionnants. Quand j’emploie ce terme « passionnant », cela ne veut pas dire que je sois d’accord avec tout ce que l’auteur énonce, mais simplement que je partage son point de vue sur pas mal de données fondamentales et surtout que la réflexion est engagée sur des pistes sérieuses. Bref, il y a matière à débat et à débat constructif. Dans les écrits publiés ce mois, j’ai été particulièrement intéressé par « Monsanto et DuPont se crêpent le chignon » et par « au bonheur de l’hydrogène sulfuré (à propos des algues vertes) ». J’ai été aussi interpelé par le texte « Un milliard dans ce monde ». Fabrice Nicolino a la plume alerte et une dent contre les « écologistes de salon » et les « hypocrites de tout poil » qui n’est pas pour me déplaire.

aiguillages On reste dans le politique et le social avec ce texte, un peu plus léger quand même, que j’ai trouvé sur le blog d’Anne Archet. La « devise » de ce blog, à savoir « On se calme… On respire par le nez… »  me plait beaucoup. C’est vrai qu’il y a besoin de reprendre un peu son sang froid, surtout après une virée prolongée dans les textes de Fabrice Nicolino. Personnellement, Fifi Brindacier n’a jamais été l’une de mes héroïnes. Il faut dire que dans notre bonne vieille culture, les garçons ont plutôt tendance, me semble-t-il, à s’identifier à des héros masculins. Je connais bien un « Fifi » personnellement, mais je ne crois pas qu’il ait envie de jouer les super héros ou les redresseurs de tort, bien que les malformations de ce monde lui soient tout aussi insupportables qu’à moi. Mais pourquoi pas Fifi Brindacier ? Après tout, bien des superstitions religieuses se sont construites sur des mythes qui avaient encore moins d’envergure ! J’ai bien aimé aussi « Sirventès de la prospérité » dont je vous recommande la lecture. L’auteure du blog est québecoise mais la problématique qui s’exprime dans les textes qu’elle rédige dépasse largement le cadre provincial. Si vous êtes soucieux de savoir où vous mettez les pieds, vous pouvez lire le « qui suis-je ? » de présentation du blog, vous aurez la réponse et vous m’éviterez de faire le travail ! Je fais la même remarque que pour le blog de Fabrice Nicolino : dire que j’apprécie ce site ne veut pas dire que je partage toutes les convictions de l’auteure ni que j’adhère à toutes les formes de lutte qu’elle préconise. Mais, là aussi, je trouve qu’il y a matière à réflexion, ce qui n’est pas le cas dans beaucoup d’autres lieux !

Voilà, j’ai été bien « sérieux » ce mois-ci et j’espère que vous me pardonnerez cet éclectisme. N’oubliez pas de consulter la liste permanente d’adresses de blogs qui figure dans la colonne de droite, juste après mes propres « catégories ». Tout ce qui a été dit les mois précédents sur ces sites reste largement valable, et beaucoup d’entre eux restent des haltes indispensables lors de mes excursions sur la toile. Quel plaisir de s’abriter sous un arbre à palabres pour Clopiner lorsqu’il fait trop chaud, ou de chercher refuge dans un cabinet des curiosités lorsque le temps devient maussade ! Je n’ai rien contre un petit arrêt à la rivière aux castors avant de me perdre dans un jardin ludique et de finir ma journée sur un banc public en relisant les mémoires d’Alexandre Jacob ou les descriptions d’arbres vénérables que l’ami Krapo propose à foison. Que le mois de septembre vous apporte son cuchon de bonnes nouvelles aussi !

NDLR – photos « maison » extraites d’un album de voyage en Slovénie, il y a un an de cela. La relation au texte n’est pas toujours évidente, mais j’aime ces images alors, quand on aime… La petite fille qui promène son canard provient d’une fresque murale réalisée dans un grand bâtiment du charmant village de Stanjel que l’on aperçoit au fond sur la photo des aiguillages…

4 Comments so far...

fred Says:

31 août 2009 at 13:45.

et bien je suis surpris d’apprendre que tu n’étais pas fan de Fifi Brindacier ! Perso je l’adorais ! Adorable petite rouquine à couettes qu’il ne fallait surtout pas embêter ! J’y jouais même avec ma copine de garderie ! (d’ailleurs, faudrait peut être que l’autre Fifi essaye les couettes, je suis certain que cela lui irait au poil !)

Christine Says:

31 août 2009 at 18:36.

Merci surtout pour le billet intitulé Jouvence, avec lequel je suis bien d’accord.

Christine Says:

1 septembre 2009 at 22:06.

Paul, dans le grenier de notre petite maison en Auvergne, j’ai pensé à toi : j’ai trouvé le livre de Grey Owl sur les castors. La prochaine fois, je le lis.

Paul Says:

2 septembre 2009 at 13:37.

Il ne reste plus qu’à le lire et c’est vraiment sympa. Pascaline est contente que son billet continue à faire des vagues. Vive les castors !

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