19 mai 2008

Le jardin se refait une beauté…

Posté par Paul dans la catégorie : Feuilles vertes; Notre nature à nous .

A la fin du mois de mai, c’est l’explosion des couleurs dans notre jardin. Arbres, arbustes et fleurs sont en fête et c’est un véritable festival. Je vous propose de donner un coup d’œil à quelques unes de « nos merveilles »… Le travail est tel pour entretenir une aussi grande superficie qu’il mérite bien un peu d’auto-satisfaction en récompense…

Mon « allée royale » pour commencer, bordée de weigelias roses et de deutzias blancs. D’habitude, la floraison est un peu décalée, mais, comme il y a cette année un peu de retard, les intervalles sont raccourcis pour le plus grand plaisir des yeux. Au fond, ce sont des photinias qui donnent le ton rouge à la haie suivante.
Passion d’écrire oblige, chacune de ces haies porte le nom d’un signe de ponctuation : virgule, accent circonflexe, parenthèse. Chaque massif de fleurs a aussi une appellation particulière de façon à ce que l’on sache de qui l’on « cause » : la goutte d’eau, la demi-lune, la cloche, les trois pétales…

Ces fleurs curieuses, semblables à des étoiles à quatre branches, sont celles du Cornouiller de Chine, le Cornus Kousa. Mon seul regret est de n’en avoir planté qu’un seul exemplaire ; mais il n’est pas trop difficile de remédier à ce problème. Cet arbuste, d’assez grand développement, prend une plus belle silhouette lorsqu’il est planté isolé. C’est un peu dommage de l’insérer dans une haie. La photo rend assez bien la couleur blanc crème des petits pétales.

Cette année c’est la fête pour les lupins et les digitales aussi. Cela fait pas mal de temps qu’ils n’avaient pas été aussi jolis car un prédateur redoutable s’attaquait systématiquement aux fleurs depuis trois ans : le cétoine velu. Ce coléoptère arrive au mois d’avril sur les fleurs de pissenlit, puis passe progressivement aux fleurs cultivées au fur et à mesure de leur éclosion… L’an dernier, nous en avons eu des milliers et il était difficile d’intervenir avec un insecticide naturel : pyrèthre et roténone ont l’avantage d’être rapidement biodégradables, mais le gros défaut de ne pas être sélectifs. Cette année, rien ou presque, les cétoines sont allés voir ailleurs si les plantes étaient meilleures à brouter. S’agit-il d’un cycle naturel ou bien le froid tardif a-t-il freiné leur reproduction ? Ce sont les mystères de dame nature. En tout cas, on s’en passe bien !

Je ne jouerai pas aux devinettes et je ne vous demanderai pas si vous connaissez cette fleur. Après tout ce blog ne s’adresse absolument pas à des botanistes chevronnés mais simplement à des esprits ouverts et curieux. Il s’agit de la fleur de l’arbre aux anémones, le calicanthe. Elle est à la fois discrète et raffinée. L’arbuste fleurit longtemps, et contrairement au weigelia, il ne porte qu’un nombre réduit de fleurs à la fois. De loin, on distingue difficilement les petites taches rouge sombre, et il faut s’approcher, s’intéresser à la plante, pour découvrir tout son charme. Comme le cornus Kousa, le calicanthe mérite mieux qu’une implantation dans une haie. Il apprécie le soleil pour lézarder tranquillement !

Une petite dernière pour la route. Difficile de faire un choix ! Nous terminerons sur une note contrastée : blanc sur mauve. A ma gauche, une spirée blanche en fleurs, à ma droite, une plante typique des jardins de curé, la julienne des dames. Cette dernière plante a le mérite de fleurir très tôt, le défaut, une fois la floraison terminée, d’être un peu tristounette sur les plates-bandes parce que son feuillage est assez quelconque. Son côté « fleur des champs » est néanmoins très sympathique et elle permet de constituer des massifs d’apparence naturelle. Le grand art c’est de la mélanger avec d’autres fleurs plus tardives, mais ce n’est pas facile car elle est un peu caractérielle et repousse comme elle veut et surtout où elle veut !

J’espère que ce court voyage vous a plus. Si vous en redemandez, il y en aura d’autres. J’attends avec impatience l’ouverture massive des boutons de rose, la floraison des delphiniums et des hémérocalles, mais… chaque chose en son temps ! Demain, nous continuons notre périple en Irlande.

NDLR : photos maison bien entendu. Signalez moi un éventuel problème d’affichage, la mise en page de grandes photos n’étant pas évidente avec le thème que j’ai choisi dans WordPress. A plusieurs reprises, on m’a signalé des chevauchements textes/images qui n’apparaissaient pas sur mon brave vieux Mac…

3 Comments so far...

Christiane Parrat Says:

19 mai 2008 at 12:05.

Les fleurs, je les respirais, je les dessinais ; je ne savais pas qu’elles avaient de si jolis noms et j’ai même vu des allées en signes de ponctuation. Pour vous remercier, je vais éteindre l’ordinateur et dessiner ces roses lourdes qui pèsent sur leurs tiges et dont le parfum poivré envahit l’appartement…
Et je penserai à vous, taillant vos rosiers, guettant l’affreux cétoine velu dont ne veulent pas vos lupins, regretterai les lignes simples des fleurs à quatre temps du cornouiller en me perdant dans les gracieux pétales des roses et m’attarderai près du massif de la goutte d’eau…
Votre soeur est bien douce de nous avoir ouvert les grilles de votre beau jardin. Merci à vous deux. Christiane

Clopine Trouillefou Says:

20 mai 2008 at 17:27.

Quel bouquet ! Du coup, mon jardin me semble un tantinet pauvre… Il est vrai que nous sommes pas mal dans l’utilitaire, et cette année, c’est la cata. Nous n’aurons ni cerises, ni poires, ni fraises, les framboises seront piteuses et les pommiers… Bon les pommiers ça va. Mais pour le jardin de fleurs, c’est pareil. Les pivoines ont été fauchées sous la ligne des oranges, le lilas a rouillé et la glycine était poussive. Heureusement que vous êtes là, Paul, pour regarnir un peu mes yeux !

(moi, j’aime bien l’ancolie, grâce à Apollinaire : l »‘ancolie penche la tête avec mélancolie », comme Clopin devant son pêcher sans fleurs !)

Wolflohm (Wolfgang Lohmueller) Says:

3 février 2011 at 00:01.

Calicanthe: Je suis tout-à-fait ravi. Il y a 50 ans dans mon pays natal près de Strasbourg chaque jardin des paysans disposait d’un arbuste de Calicanthe.
Comme vous avez bien noté cet arbuste est bien discret, les fleurs, bruns, ne se font guère remarquer mais sont aromatiques, et sechés, ils tiennent les mites à l’ ecart.

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