28 août 2008

A chaque jour suffit sa peine…

Posté par Paul dans la catégorie : Humeur du jour .

A part les visiteurs quotidiens, réguliers, sérieux, attentifs, qui lisent un peu tout et ne commentent pas trop, surtout au mois d’août à cause de la chaleur, les sujets qui vous intéressent principalement, ô vous lecteurs occasionnels (passant par ici en excursion grâce aux pistes ouvertes par Google ou autre Yahoo), sont :

  • les galettes d’épeautre (vous êtes des gourmands on dirait…)
  • les baies d’amélanchier (même remarque)
  • le liquidambar (êtes vous vraiment des amateurs d’arbre ou bien faites vous erreur à cause de la syllabe terminale ? En tout cas le mot est largement en tête dans les clés de recherche !)
  • les sacs en plastique qui flottent sur l’océan (votre mauvaise conscience vous titille ?)
  • la Nouba (qui l’eût cru ?)

Suivent en vrac les chroniques sur le village de Quirieu, les déboires de Laurence Parisot, les aventures d’Ibn Farnas, le noisetier… Si je fonctionnais au « Googleimètre », je saurais donc parfaitement quoi vous proposer dans la probable future nouvelle grille de rentrée. Je recentrerais le blog sur la cuisine ou sur la généalogie : ce sont des thèmes porteurs ! Le problème c’est que cet engin bizarre n’est pas mon maître à penser et que je n’ai envie d’en faire qu’à ma tête. Je comprends que les gastronomes amateurs d’épeautre soient déçus que la chronique suivante leur parle de Michel Zévaco, ou que les amateurs de botanique n’apprécient pas que l’on critique l’espèce trop commune Fillonus Ministrus, mais c’est la vie. La blogosphère fourmille de sites passionnants où l’on parle à longueur de journée de papillons, d’écrivains, d’histoire antique, d’avions célèbres, de timbres postes ou de Bernard Kouchner… Ici, ce n’est pas le cas. C’est dit dans le « A propos de » d’ailleurs (lisez le, il va bientôt être réactualisé). Ce blog reflète ce qui se passe dans la Charbinosphère, les préoccupations de ceux qui « zonent » autour de cette planète étrange où l’on ne fait pas que parler philo, politique ou confitures. Un univers parallèle où l’on essaie de « Survivre et vivre » (du nom d’une revue écolo des tout débuts dont je vous parlerai un jour), dans la joie, l’allégresse et l’ivresse, sans oublier trop longtemps un monde qui nous pèse mais qui nous environne constamment et dont il faut bien admettre l’existence si l’on veut le changer un jour.

La présentation du blog (une dizaine de chroniques affichées) met en relief cette diversité et c’est voulu. Ce qui est un peu dommage par contre c’est qu’elle ne pousse pas à la rédaction d’un « commentaire » car il faut cliquer sur un article précis pour pouvoir accéder à cette fonctionnalité. C’est à la fois un inconvénient et un avantage. J’apprécie beaucoup les commentaires, positifs, négatifs ou informatifs. Quand quelqu’un « rebondit » sur une idée exprimée pour y ajouter la sienne, le blog s’enrichit considérablement. Et puis simplement un « j’ai bien aimé » ou « j’ai pas compris » c’est sympa. Il y a par contre des professionnels de la polémique que je n’ai pas envie de voir débarquer et des flots de commentateurs stériles que je ne souhaite pas voir coloniser l’espace. Certains blogs se sont interrompus pour cela. Ça ne menace pas la « feuille charbinoise » et le pourcentage de réactions par rapport au nombre de lecteurs est plutôt minime ! Je conçois que les « traqueurs d’antisémitisme » ou « les donneurs de leçon intégristes » aient un peu du mal à se positionner par rapport à la visite du Musée ferroviaire de Montréal ! La particularité d’un blog aussi c’est de vivre dans l’instantanéité, et les chroniques anciennes ne suscitent plus guère de débats. Par rapport à certains textes que j’ai écrits, je me pose parfois le problème de la réécriture, lorsque mon point de vue a évolué ou que de nouveaux éléments sont apparus. je le ferai parfois, mais je crois que c’est surtout le site à paraître qui jouera ce rôle là pour les chroniques « encyclopédiques ».

Après tout, si l’on ne s’intéresse qu’à une gamme bien particulière de chroniques (billets d’humeur ou recherches arboricoles) rien n’empêche de faire une lecture thématique de ce blog. Encore que, me faisait remarquer oralement un lecteur appartenant à la catégorie « sérieux et assidu », les périphrases utilisées pour désigner les catégories soient parfois dures à appréhender. J’ai déjà fait un effort en appelant « école » la série de textes se rapportant à cette noble institution et au long séjour que j’y ai fait. Peut-être clarifierai-je d’autres rubriques afin que certains ne renoncent pas à leur quête, faute de temps, dans ce monde où l’on est toujours pressé. Et puis les catégories, c’est bien gentil, mais, comme disait Gaston « et si on danse ? », manière de dire qu’il y a toujours des propos inclassifiables ! Encore que, me faisait oralement remarquer ce même lecteur, qui n’était pas avare de conseils, les titres choisis pour les chroniques soient parfois un peu déstabilisants : « A chaque jour suffit sa peine » évoque plus la pénible rentrée sociale à venir ou le destin tragique des enseignants (ou des infirmières, ou des plombiers, ou des retraités…) que des considérations oiseuses sur le contenu d’un blog. « Auto critique d’un camarade rédacteur » aurait été plus clair, ou bien « Etat des lieux d’un blog en devenir » plus sérieux. D’un autre côté, un titre a pour fonction d’accrocher un tant soit peu le lecteur, et s’il est trop explicite, il ne joue pas son rôle aguicheur ! Ce sont des réminiscences de la fonction de « rédac’chef » que j’ai eu le plaisir d’occuper pendant quelques années…

Lancer un blog quand on a une auto, une propriété, mais aucune notoriété (je sais c’est calamiteux), que l’on n’est pas journaliste au Monde (enfin pour ceux qui le sont encore), animateur d’un café philo ou auteur à succès (comme le sera un jour le fils de mon voisin, du moins c’est ce qu’il annonce régulièrement en hurlant dans son téléphone portable), n’est point chose facile, du moins quand on espère en plus avoir des lecteurs, les rencontrer, les inviter, papoter autour d’un ballon de rouge… bref « convivialiser » un peu. La notoriété (c’est le vol disait Proudhon) ça permet par exemple de commencer une chronique par un tonitruant :

« l’année dernière, lors d’un congrès de septuagénaires en Crète, j’ai eu l’occasion de rencontrer André Glucksmann… Nous avons sympathisé et il m’a offert, en avant première, un exemplaire dédicacé de son livre à paraître sur la dégénérescence des idées chez les nouveaux philosophes séniles… Nous étions à la terrasse d’un petit bouge sympa… Les lueurs rougeoyantes du crépuscule…  » et patin coufin…
Ou bien encore
« Comme me le disait encore Jack Lang, hier au soir, lors de la réunion du jury du Femina, la disparition d’Aimé Césaire a laissé un grand vide, et Bernard Henri Lévy devra faire une prestation un peu plus sérieuse au sujet de la Géorgie, s’il entend le combler. Comparer Césaire et BHL, vous comprendrez, chers lecteurs, que cette idée m’a un peu révulsé, au départ… Mais le Pouilly Fumé aidant… au cinquième verre… »

Mais l’intérêt, c’est que ce n’est pas sur ces blogs là que vous entendrez parler de concours de labour, que l’on vous donnera une excellente recette pour faire des galettes d’épeautre, et que l’on vous encouragera à lire les ouvrages de Vandana Shiva et de Fred Vargas. Humble et modeste héritier de l »almanach du petit dauphinois » et autre « Vermot », du « Père Peinard » et des « Histoires de l’Oncle Paul », de la prestigieuse encyclopédie « Bibliothèque de Travail », de la « Gueule Ouverte », des pensées profondes de ma grand-mère, de « la vie du rail » et de Rustica (l’élan m’emporte !), ce blog persiste et signe dans sa singularité. Ceux et celles qui écrivent ou vont écrire dans les mois à venir comptent sur votre soutien amical. Peut-être y-a-t-il encore une place pour « la feuille charbinoise » dans votre panier culturel quotidien !

Post Scriptum : Pour en revenir à ce que je disais au début, je comprends parfaitement que l’on soit fasciné par le Liquidambar. Lorsque le travail du bois m’a amené à m’intéresser un peu plus aux arbres, indigènes ou exotiques, ce nom singulier m’a tout de suite harponné et je m’étais promis de faire un jour un meuble (pas forcément un bar !) en utilisant cette essence. Son bois n’est pas l’un des plus beaux, mais le port de l’arbre tout au long de l’année et le coloris de ses feuilles en automne sont magnifiques. Et hop ! Encore une chronique sur laquelle on « tombera » en cherchant « Liquidambar » !

9 Comments so far...

fred Says:

28 août 2008 at 15:54.

Concernant le “Liquidambar », au début j’ai cru que tu voulais parler d’une recette exotique d’une sorte de Carembar fourré. Outre l’attrait culinaire (indéniable !) ce qui m’excitait à l’avance, c’était de découvrir la petite blague Carembar qui va avec. Mais bon .. trève de digression, je constate que « le vide qui t’étreint en cette période de l’année » prend des allures de trou noir incontrôlable ! En effet, en lisant attentivement cette nouvelle chronique, j’ai vu apparaître les termes « école », « rentrée », « enseignant » . Si ce n’est pas une preuve de l’existence de ce « vide », qu’est ce alors ? Mwahahaha ! tu es démasqué !

Pascaline Says:

28 août 2008 at 16:28.

D’autant plus démasqué, Fred, que tu as sans doute reconnu Paul (en haut en noir) sur le tableau où figurent aussi la cousine Berthe (en bleu, à droite, avachie sur le divan) à côté de sa demi-soeur Rosalie. Moi, je suis en rouge (enfin rougeâtre et jaunâtre), de dos.

« Tableau » étant à entendre sous son sens le plus strict…

Quant aux trois autres créatures, sans doute des parents pauvres qui ont vu de la lumière et sont entrés…

Pascaline Says:

28 août 2008 at 16:34.

A part ça, moi j’ai fait « tilt » en relisant cette chronique, afin de traquer l’af haute. Ou de tenter de.

Moi aussi, comme Paul, j’écris sur tous les sujets, mais j’ai commis quelque chose qui est peut-être une bêtise, ou une erreur, ou ni l’une ni l’autre, puisque je réunis tous ces sujets sous un groupement unique qui s’appelle roman. Lequel pèse à l’état de brouillon (donc un bon volume de notes à détruire) huit millions d’octets je crois, parmi lesquels plus de 300 pages à peu près rédigées.

Ben vu de loin, ça semble bien plus simple (même si CE N’EST PAS simple) de tenir un blog qui surménage que d’écrire un roman long et complexe…

A part ça, autre point commun avec Paul, eh bien je ne peux pas m’en empêcher…

Paul Says:

28 août 2008 at 17:27.

Fred, c’est pas parce qu’il y a des gros mots dans une chronique que tu es obligé de les répéter dans ton commentaire ! Non seulement tu vas mettre un euro dans ton béret chaque fois que tu diras « école », « rentrée » ou « enseignant », mais en plus je te mettrai de côté une mignonne petite courgette à « mûrir » dans un colissimo 5 kg que j’enverrai une fois plein…
Enfin des échanges violents !

Lavande Says:

28 août 2008 at 18:10.

Sûr que si tu parles d’ « Ecole » au lieu de « Marine à voile » tu risques de te faire gougueuliser davantage!
Même si ça intrigue moins que le liquide en barres.

Paul Says:

29 août 2008 at 20:34.

Une chose importante que j’ai oublié de dire et dont je suis très fier : presqu’un sixième de mon lectorat (pas de mon électorat, je n’en suis pas encore là !) est canadien d’origine, francophone selon toute logique, et donc probablement de la province du Québec. Etant donné le plaisir que j’ai eu à séjourner à deux reprises dans ce pays magnifique, j’en suis très content ! Plusieurs chroniques concernaient déjà la Belle Province, d’autres suivront, les pistes ne manquent pas !

Paul Says:

30 août 2008 at 08:51.

48 h après la publication de ce billet, nous en sommes à 8 visites supplémentaires avec pour clé de recherche « liquidambar ». On se pose sérieusement la question de rebaptiser le blog : « Liquidambar de la gare » ou « La feuille du Liquidambar charbinois »…

Saydouni Says:

4 août 2019 at 23:11.

L’indifférence totale que montrent les peuples européens à l’histoire récente de leurs pays respectifs me laisse perplexe, mon pays a vécu en plus des affres de la colonisation une longue guerre pour recouvrer son indépendance, si je n’éprouve aucune rancune envers les français je parle souvent de l’histoire récente de mon pays a mon entourage afin de leur ressentir ce que nous avons souffert et que cela puisse faire partie de leur vécu.

Paul Says:

5 août 2019 at 08:07.

@ Saydouni – Je partage entièrement ce point de vue !

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